250 syndiqués dénoncent la décision du gouvernement Gallant

La privatisation de certains services publics continue de susciter la grogne des syndiqués au Nouveau-Brunswick.

Environ 250 travailleurs ont manifesté devant l’Assemblée législative, jeudi midi, à Fredericton.

Ils dénonçaient la décision du gouvernement libéral du premier ministre Brian Gallant de confier la gestion de certains services du système de santé à des entreprises privées.

L’événement était organisé par le Syndicat canadien de la fonction publique en marge de son congrès annuel dans la capitale provinciale.

«Ce n’est que le début de la mobilisation. Nous ne tolérerons la privatisation d’aucun de nos services publics», a déclaré aux manifestants la présidente du Conseil des syndicats hospitaliers, Norma Robinson.

Le gouvernement négocie en ce moment avec le géant international Sodexho dans le but de lui confier la gestion des cuisines, de l’entretien ménager et du transport des patients dans les hôpitaux.

Fredericton discute aussi avec la société Croix Bleue Medavie pour lui accorder la direction du Programme extra-mural et de Télé-Soins. Medavie est déjà responsable d’Ambulance NB.

«Nous devons nous serrer les coudes. La privatisation ne touchera pas seulement les soins de santé. C’est comme une épidémie. Ça va s’étendre à chacun de nous dans cette province», a dit Mme Robinson.

Selon ce qu’a déjà affirmé le ministre de la Santé, Victor Boudreau, les travailleurs des secteurs touchés par la privatisation continueront d’être à l’emploi du gouvernement et resteront syndiqués.

M. Boudreau a répété jeudi par écrit que la privatisation de la gestion de ces services devrait permettre à la province d’atteindre de «meilleurs résultats» en faisant des «gains d’efficacité» et en éliminant les «dédoublements».

Le contrat avec Sodexho pourrait être signé d’ici trois à six mois, d’après le ministre de la Santé. «Aucune décision finale» n’a été prise concernant l’entente avec Medavie, a précisé M. Boudreau.

Les travailleurs peuvent notamment compter sur le soutien du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick dans leur lutte contre le gouvernement provincial.

«La privatisation des soins de santé n’est pas la solution. Nous serons à vos côtés dans ce combat parce que les services publics doivent être publics», a confié la représentante des infirmières, Paula Doucet.

Les travailleurs n’en avaient pas seulement contre la privatisation des services publics. Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Nouveau-Brunswick, Patrick Colford, a dénoncé le nombre élevé d’accidents du travail et les pressions qu’exercent à son avis les employeurs sur Travail sécuritaire NB pour faire baisser leurs cotisations.

«Seize Néo-Brunswickois sont morts (en travaillant) l’année dernière. C’est difficile. Les employeurs payent moins, ça nous le savons. Le gouvernement a peur de s’en mêler pour régler la situation», a-t-il dit.

La hausse d’une ampleur historique des cotisations de la sécurité du travail l’an dernier a vivement été critiquée par les employeurs. Le président et chef de la direction de l’agence provinciale, Tim Petersen, a confié à un comité de députés au début de l’année qu’il fallait s’attendre à une nouvelle hausse cette année en raison de la croissance du nombre de blessures et de l’augmentation des coûts associés à ces blessures.