«Il faut qu’elle soit mise en valeur»

La mise en valeur de l’épave historique du Marquis de Malauze figure toujours au sein des priorités de la Société historique Machault.

Cela fait au moins 30 ans que l’on parle d’exposer à nouveau cette épave dans la Baie-des-Chaleurs, mais cette fois, le projet pourrait finalement aboutir alors que des discussions semblent prometteuses avec la Première nation de Listuguj, propriétaire de l’épave.

Le Marquis de Malauze, rappelons-le, c’est l’un des trois principaux vaisseaux de guerre français – avec le Machault (frégate) et le Bienfaisant (vaisseau de ligne)– ayant participé à la fameuse Bataille de la Ristigouche en 1760.

Des pièces du Machault ont été sorties de la rivière et certains des artefacts sont exposés au Lieu national de la bataille de la Ristigouche. Le Bienfaisant gît toujours au fond de la rivière et ne risque pas de bouger de sitôt.

Pour sa part, la quille du Marquis de Malauze a été récupérée à la fin des années 1930, à la suite des efforts du père Pacifique. Son épave a été remontée et exposée sur la terre ferme de 1940 à 1985 avant d’être démantelée puis entreposée dans un hangar à Listuguj. Cela fait maintenant 35 ans qu’elle s’y trouve. Sa dernière vérification par un expert dans le domaine laisse entendre qu’elle serait en bon état.

«C’est bien beau qu’elle soit entreposée, mais il faut qu’elle soit mise en valeur», estime Michel Goudreau, président de la Société historique Machault.

Ce dernier préférerait en effet voir l’épave être exposée plutôt que de savoir qu’elle se dégrade à l’abri des regards, dans un hangar.

«C’est une pièce historique, un artefact d’une importance historique incroyable», rappelle-t-il, prenant soin de préciser qu’il s’agit de l’un des rares vestiges de ce conflit naval entre la France et l’Angleterre.

Ce qui fait qu’aujourd’hui le dossier pourrait finalement débloquer, c’est que le terrain où l’épave se trouve est convoité par le comité du Pow Wow, grande célébration annuelle autochtone.

«Ça impliquerait donc qu’il faille déménager l’épave. On est donc revenu à la charge avec notre projet. Ce que l’on propose, c’est d’en prendre possession afin de la réassembler et de l’exposer», explique M. Goudreau.

«En gros ce qu’on leur demande, c’est de nous donner l’épave ou encore de nous la prêter à long terme. Pour le reste, on va s’occuper d’aller chercher l’argent pour la réassembler et la mettre en valeur. On a eu quatre rencontres jusqu’à présent avec les gens de Listuguj, dont le chef du conseil de bande (Darcy Gray), et ce furent des entretiens très positifs, très prometteurs», indique M. Goudreau.

Destruction écartée

Selon lui, d’autres options ont été envisagées pour l’épave, incluant sa destruction. «Mais heureusement, cette option est aujourd’hui écartée», note M. Goudreau.

Puisqu’il s’agit d’un fait historique qui touche peu la culture autochtone, ceux-ci seraient peu enclins à financer un projet de mise en valeur.  Il y a donc de fortes chances que l’épave, si elle est réassemblée, le soit hors réserve.

Deux endroits sont ainsi envisagés pour installer l’épave. Le premier choix serait sur le site de la halte routière de Pointe-à-la-Croix (halte routière des Corsaires acadiens de la Petite-Rochelle).

«Ce serait l’endroit par excellence puisqu’on retrouve sur place la Maison Young (bâtiment historique) ainsi que des canons d’époque et qu’il y a l’espace pour un tel ajout», indique M. Goudreau.

L’autre emplacement serait le Lieu historique de la bataille de la Ristigouche (Parc Canada), un emplacement logique en soi, quoique moins visible et plus isolé (là où il serait donc plus difficile de contrôler les actes de vandalisme).

L’idée serait de réassembler le Marquis de Malauze sous une structure munie d’un toit afin de le protéger le plus possible des intempéries, soit une structure longue d’au moins une centaine de pieds.

«Il a été exposé de la sorte pendant 45 ans et il est demeuré en bonne condition. On croit qu’une structure similaire serait donc convenable, estime M. Goudreau pour qui l’important, à ce stade, est de rappeler aux gens que le bateau est toujours là. Beaucoup de gens ne savent même pas qu’il existe encore, dit-il.

Ce dernier mise beaucoup sur ses récentes rencontres avec les autorités de Listuguj pour enfin voir ce projet de revitalisation prendre forme.