Surdoses à Burnt Church: tout pointe vers le fentanyl

La GRC n’a pas encore déterminé la cause exacte du décès récent d’une femme de 35 ans de la Première Nation d’Esgenoôpetitj (Burnt Church). Les premiers indices laissent entendre qu’elle serait liée à une surdose de fentanyl. Entre-temps, la police continue de sensibiliser la population aux dangers de cette drogue, qui est jusqu’à 100 fois plus puissante que la morphine.

Depuis le 10 avril, cinq personnes de la communauté autochtone ont été hospitalisées à la suite de ce que la police croit être des surdoses de fentanyl, un puissant médicament prescrit à des personnes souffrantes de douleurs chroniques. Certaines personnes la consomment toutefois à des fins récréatives.

Jusqu’à tout récemment, l’opioïde avait surtout fait ravage dans l’Ouest canadien. Par exemple, en 2016, plus de 300 personnes sont mortes d’une surdose en Colombie-Britannique. La substance commence cependant à préoccuper les autorités du Nouveau-Brunswick, où 88 personnes ont perdu la vie aux quatre coins de la province entre 2011 et 2015 à la suite d’une surdose.

Pour entraver la progression du problème, la Première Nation d’Esgenoôpetitj a l’intention de bannir de son territoire les revendeurs de drogue. La communauté s’inspire d’une mesure semblable déjà adoptée par les conseils de bande des Premières Nations d’Elsipogtog et de Tobique.

L’Acadie Nouvelle a tenté d’obtenir une entrevue avec Alvery Paul, chef du conseil de bande d’Esgenoôpetitj, mais sans succès.

Malgré les problèmes de drogue qui sévissent dans cette communauté, pour l’instant, rien n’indique que le fléau s’est répandu dans les régions avoisinantes comme Néguac et Tracadie. La GRC reste cependant sur ses gardes, indique le gendarme Hans Ouellette de la GRC.

«D’après ce qu’on sait, la situation est principalement dans la communauté d’Esgenoôpetitj. Pour l’instant, notre enquête reste concentrée là-dessus. Est-ce que ça veut dire qu’il n’y a pas de fentanyl à Néguac ou à Tracadie? Je ne peux pas vraiment le dire, parce qu’on ne le sait pas vraiment. Avant qu’on ait plus de réponses, les gens doivent savoir que lorsqu’ils consomment des drogues illicites, qu’elles peuvent contenir du fentanyl.»

La GRC a émis un message semblable au maire de Néguac, Georges Savoie.

«On est en contact avec la GRC. Je leur ai parlé en début de semaine. Selon eux, il n’y a rien qui indique qu’il y a plus de drogue dans notre région qu’auparavant», dit le maire Savoie.

La GRC souhaite éviter à tout prix de nouvelles crises et le gendarme Ouellette tient à prévenir la population des dangers de la substance.

«C’est une drogue illicite et elle est très dangereuse parce que les gens ne savent pas ce qu’ils sont en train de mettre dans leur système. Le fait de la consommer peut causer la mort.»

Le gendarme Ouellette reconnaît que les revendeurs qui seront interdits du territoire d’Esgenoôpetitj pourraient simplement s’installer ailleurs, mais il espère que le travail de sensibilisation entamé par la GRC permettra de limiter les effets dévastateurs de la drogue dans la communauté.

«C’est toujours une possibilité, mais on travaille de près avec la communauté, la bande et le chef pour essayer d’éduquer la population et poursuivre notre enquête. C’est notre rôle là-dedans. Ce que les membres de la bande choisissent de faire au niveau social, ce sont eux qui prennent les décisions.»