Mills Aquaculture n’ouvrira pas ses portes cette saison

L’usine de transformation de homard et de coques de Bouctouche, Mills Aquaculture, n’a pas trouvé de nouveau propriétaire. Selon toute vraisemblance, l’usine construite il y a près de 40 ans n’ouvrira pas ses portes à temps pour la saison de pêche de 2017.

L’édifice où l’on transformait le homard et la coque faisait l’objet d’une vente par appel d’offres en raison d’une faillite, en janvier. Selon le maire de Bouctouche, Roland Fougère, le syndic de faillite, Ernst & Young, a refusé une offre pour la partie principale de l’édifice.

«Moi, j’ai entendu que le bâtiment de dépuration pour les coques, en bas au côté de la rivière, a été vendu. Mais dans le cas du plus gros bâtiment, l’offre de l’entrepreneur n’a pas été acceptée parce qu’ils trouvaient que c’était trop bas.»

C’est dans ce «gros bâtiment», visible à partir de la route 11, que travaillaient la plupart des quelque 125 employés de l’usine avant sa fermeture soudaine, en septembre 2016.

Jeannine Nowlan a travaillé pendant 35 ans à Mills Aquaculture. Au cours des derniers jours, son espoir entourant une réouverture s’est évanoui. Elle a reçu des informations qui abondent dans le même sens que celles du maire. Selon elle, un entrepreneur du Sud-Est a acheté le bâtiment de dépuration, situé en bordure de la rivière Bouctouche, mais des emplois ne seront probablement pas créés en 2017.

«Moi j’ai su qu’ils ont eu des réunions, mais ils ont trouvé qu’ils ne peuvent pas faire une usine là (dans le centre de dépuration). Ça ne garde pas bien pour Mills. Ça ne va pas rouvrir. Ils n’ont pas de permis. Je me trompe peut-être, mais j’ai vraiment mes doutes.»

Selon Mme Nowlan, les problèmes remontent à deux ans passés, quand l’usine a été vendue à un entrepreneur de l’extérieur de la région. Elle estime que le nouveau propriétaire n’avait pas l’intérêt des travailleurs locaux et de la communauté à coeur, ce qui a mené à sa décision de déclarer faillite en janvier.

«Une shop qui allait depuis 1969, et de voir qu’il n’y a plus rien… ça fait mal au coeur. Ça n’a pas d’allure.»

Mme Nowlan estime que les personnes responsables de la vente de Mills Aquaculture n’ont pas été honnêtes avec les résidants locaux en laissant planer les attentes d’une réouverture au printemps.

«Ça m’enrage, parce qu’ils n’ont pas arrêté de suggérer que ça allait peut-être rouvrir et qu’ils allaient chercher du monde. Dites-nous la vérité: que ça n’ouvrira pas. Il y en a encore qui ont l’espoir que ça va rouvrir. Il y a du monde qui n’a pas été voir ailleurs.»

L’Acadie Nouvelle a tenté de confirmer la nouvelle auprès d’Ernst & Young, mais les responsables du dossier n’ont pas retourné nos appels, mercredi et jeudi.

Entre 100 et 150 emplois travaillaient à l’usine au moment de sa fermeture. Plusieurs ont trouvé des emplois dans d’autres usines à l’extérieur de la ville de Bouctouche.

Un rapport d’Ernst & Young publié le 10 janvier avance que Mills Aquaculture traîne une dette de 4,9 millions $ à ses créanciers non garantis. Cela comprend les actionnaires (3,4 millions $), Nautical Seafoods (497 455$) et le receveur général du Canada (322 161$).

L’entreprise a aussi une dette de presque 500 000$ à son créancier garanti, la Banque de développement du Canada. Elle doit des montants indéterminés à deux autres créanciers garantis, Top Claw Lobster and Seafood et Lift Capital Corporation.