Leur rêve? S’installer à Moncton

Pour un Néo-Brunswickois habitué aux caprices de l’hiver, imaginer tout quitter pour s’installer sous le chaud soleil et les palmiers de Cannes, en France, tient du fantasme. Le contraire est aussi vrai. Pour certains Français, la neige, les grands espaces et la qualité de vie en Acadie séduisent tout autant. Rencontre avec une famille française qui rêve d’une vie au Nouveau-Brunswick.

Sonia et Christian Camilleri songent à immigrer au Canada depuis trois ans. Ils habitent Mougins, une ville située tout près de Cannes, dans le sud de la France, avec leur enfant âgé de trois ans. Ils sont arrivés à Moncton le 8 avril pour faire un voyage exploratoire afin d’en apprendre plus sur la vie au Nouveau-Brunswick.

«Nous avons fait plein de choses. Nous avons commencé par le magasinage. Celui qui veut s’établir dans un endroit doit connaître le niveau de vie afin de savoir combien coûtent les choses et comment ça se passe», explique M. Camilleri à l’Acadie Nouvelle.

Les Camilleri ont fait le tour des différents supermarchés de la région en plus de visiter des maisons à vendre et des logements à louer. Ils ont également rencontré un banquier pour en apprendre davantage sur le système bancaire canadien et échanger avec des représentants d’associations qui viennent en aide aux immigrants, comme MAGMA.

Ils ont aussi tâté le pouls du marché de l’emploi et ils sont allés à la rencontre de Néo-Brunswickois contactés via Facebook, en plus de visiter les provinces voisines.

«On a voulu que ce soit plus global comme approche pour prendre une décision éclairée», souligne celui qui a une formation de juriste.

Le couple avoue que leur anglais est plutôt «moyen». Il espère que leur enfant pourra bénéficier d’un milieu bilingue pour le devenir lui-même.

«On s’est intéressé, comme tout le monde, au Québec puisque c’est là où tout le monde atterrit et c’est français. Après, on regardé et on a vu qu’il y a d’autres provinces dont le français est une langue officielle. On a trouvé que le Nouveau-Brunswick avait deux langues officielles et on a estimé que, pour notre enfant, ça pourrait être quelque chose de positif pour lui d’apprendre ces deux langues et d’être complètement bilingue».

«Nous sommes venus à Moncton parce que nous avons constaté que Fredericton est plus anglophone, tout comme Saint-Jean. Il n’y avait donc que Moncton qui représentait vraiment ce bilinguisme», a reconnu M. Camilleri.

Pourquoi quitter la France? Disons que le contexte sociopolitique ne plaît pas trop aux Camilleri et ils n’entrevoient pas un futur très reluisant pour leur pays, à quelques jours de l’élection présidentielle.

«On essaie de s’imaginer notre enfant dans le futur et comment les choses pourront évoluer. En regardant au loin, je pense que les choses n’iront pas pour le mieux. Du coup, on cherche à s’offrir un avenir plus prometteur.»

Sans tomber dans le cliché de «ma cabane au Canada», la petite famille est surtout attirée par les grands espaces verts. Elle est aussi charmée par un marché de l’immobilier moins dispendieux et des maisons plus spacieuses.

«Là où on vit, il y a des autoroutes, des édifices… On n’est pas entouré par la nature comme ici. Ça aussi, c’est quelque chose d’appréciable.»

Bien que leur voyage est plus exploratoire que touristique, les Camilleri comptent terminer leur séjour au Nouveau-Brunswick par une visite à la traditionnelle cabane à sucre.