Les Lost Fingers séduisent (encore) Moncton

Mais qui a dit que les artistes qui ne faisaient que des reprises n’en étaient pas? Pas le public de Moncton, en tout cas, séduit par l’univers musical du trio de jazz manouche québécois. ACDC, Niagara, Kiss, en passant par Stromae ou Michael Jackson, les Lost Fingers ont fait voyager les spectateurs à travers les continents, les décennies et les styles musicaux.

«Complimenti dal Italia, Excellent, Awesome, Geniales…» Pour comprendre le phénomène Lost Fingers, quoi de mieux que de parcourir le site de partage YouTube et de lire les éloges émanant des quatre coins du monde les concernant?

Les Lost Fingers ont beau avoir parcouru 14 pays pour y jouer leur musique, ils n’en oublient pas pour autant le Nouveau-Brunswick et Moncton qui les avait accueillis l’an passé pour un concert mémorable.

«Il y avait eu une tempête de neige, mais vous aviez tenu à être là. On avait hâte de vous retrouver. Vous êtes sur le podium des meilleurs publics au Canada», complimente l’un des deux guitaristes du groupe Byron Mikaloff dès les premières minutes du concert.

Coup de communication ou sincérité? On pencherait plutôt vers la seconde proposition tant le trio a fait plaisir au public du Capitol durant les deux parties du spectacle.

De véritables bêtes de scène

Habillés tout en noir pour ce premier acte, les Lost Fingers ont débuté sobrement en interprétant plusieurs titres en guise d’hommage à la chanson française. Les spectateurs présents samedi ont notamment eu la chance de découvrir en primeur les reprises de J’ai vu, de Niagara, Vertige de l’amour, du mythe Alain Bashung ou encore Les bêtises, de Sabine Paturel.

Des titres issus de leur dernier album La Marquise qui sortira le 27 mars. Le trio a d’ailleurs profité de l’occasion pour offrir plusieurs exemplaires de ce CD aux spectateurs lors d’un jeu de découverte musicale qui a bien amusé les Monctoniens.

La plus grande force des Lost Fingers reste sans doute leur capacité à faire apprécier des titres même ceux que l’on n’écoute pas habituellement. Les Québécois ne sont pas seulement bons musiciens, mais donnent aussi et surtout le goût de s’amuser et de faire la fête. Quand ce n’est pas Alex Morissette qui fait tourner sa contrebasse, c’est le premier guitariste du groupe, Christian Roberge, qui se moque du second (Byron Mikaloff) lorsque ce dernier casse une corde.

La première partie se termine avec quelques titres plus pêchus et des chansons qui ont fait leur succès comme la reprise de Part Time Lover, de Stevie Wonder. Un amuse-gueule avant le début de la seconde partie…

Lorsque les trois compères reviennent sur scène vêtus d’un costume rose, on se dit que la deuxième partie va être plus festive. «Est-ce que vous être prêts à faire la fête, Moncton?!», hurle Byron Mikaloff. Bonne pioche…

Les versions jazz manouche de I Was Made For Loving You, de Kiss, de Thunderstuck, d’ACDC, ou encore, de Billie Jean, de Michael Jackson, ont raison des derniers sceptiques. Les solos endiablés des deux guitaristes, la classe d’Alex Morissette et le Alors on danse, du Belge Stromae, en guise de rappel font lever tous les spectateurs présents.