Radio Radio présente son album le plus éclectique

MONCTON – Avec Havre de Grâce, Radio Radio offre sans aucun doute son disque le plus éclectique à ce jour. Ce troisième opus du trio acadien, qui témoigne de ses nombreuses influences musicales, sera lancé le 17 avril.

Treize nouvelles compositions figurent sur cet album qui fusionne les genres musicaux. Un mélange de rap, d’électro, de blues, de rock et de country, le tout enveloppé d’un parfum louisianais, ce qui en fait un disque inclassable.

Arthur Comeau (anciennement Alexandre Bilodeau) confie que la Louisiane est un peu la deuxième maison du groupe qui réunit aussi Jacques Doucet et Gabriel Malenfant. D’ailleurs, l’aventure de ce troisième album a commencé en Louisiane, tout près de Lafayette, loin du star-système.

«Musicalement, c’est vraiment inspirant. Quand on pense aux États-Unis, on pense à Hollywood et à la grosse industrie de musique commerciale, mais il ne faut pas oublier qu’il y a quand même beaucoup de musique “roots”, surtout en Louisiane. Il y a un esprit de création et on peut rencontrer des musiciens incroyables. C’est quelque chose qu’on perd dans la musique d’aujourd’hui, beaucoup trop dépendante du visuel», a déclaré Arthur Comeau soulignant que ce nouvel album a été réalisé dans cet esprit d’amour de la musique.

À plusieurs reprises pendant l’entrevue, le rappeur et réalisateur mentionne l’importance de faire de la musique pour le plaisir. De nombreux collaborateurs ont participé à l’enregistrement. Parmi eux, il y a, entre autres, l’accordéoniste louisianais Horace Trahan, qui a apporté une touche typiquement cadienne à la pièce Y’en a qui connais.

La poète acadienne Georgette LeBlanc, de la Nouvelle-Écosse, chante sur deux chansons, dont la pièce Galope, où elle apparaît aussi dans le vidéoclip (qu’il est possible de voir sur CapAcadie.com).

On retrouve également les percussionnistes Julien Sagot et Stéphane Bergeron, de Karkwa, les multi-instrumentistes Mamoru Kobayakawa, Éloi Bertholet, ainsi que Poncho French et Pierre Kwenders aux voix. Arthur Comeau précise que ce sont tous des amis qu’ils ont connus en voyage depuis cinq ans. Ils sont de Montréal, de l’Atlantique et des États-Unis.

«Nous n’avons pas nécessairement cherché les meilleurs musiciens, mais nous sommes allés trouver le monde qui avait le plus d’esprit et de lien avec nous. Un peu comme nous, nous ne sommes pas les meilleurs rappeurs et musiciens, c’est juste que nous voulions recréer cet esprit de famille. En nous basant sur cette philosophie, nous avons agrandi la famille pour cet album-ci», a expliqué Arthur Comeau, qui a pris une pause de la scène d’environ huit mois afin de trouver de nouvelles idées et de «redécouvrir son amour de la musique».

Une pause qui l’a transformé, confie celui qui a même décidé de reprendre son nom de famille maternel.

Le disque a été enregistré en Louisiane, à Montréal et dans le chalet familial d’Arthur Comeau en Nouvelle-Écosse. Misant sur les rythmes et les émotions, les chansons visent surtout à procurer un sentiment de bien-être et d’état de grâce qui touche plus le subconscient que le conscient, exprime Arthur Comeau.

«Je pense qu’avec cet album nous sommes plus retournés à notre accent de base. Nous sommes de plus en plus à l’aise avec l’idée que nous ne parlons pas un français standard. Il y a même des phrases qu’on dit qui ne sont pas nécessairement des mots, mais juste des voyelles et des sonorités qui inspirent un mot qu’on connaît.»

Le public de Moncton pourra entendre pour la première fois les nouvelles chansons de Radio Radio lors d’une vitrine au Club Oxygen, à Moncton, vendredi soir, présentée dans le cadre de la Semaine de la musique de la côte Est.

Après un spectacle lancement au Club Soda, à Montréal, le 17 avril, qui affiche déjà complet, la formation donnera quelques spectacles au Canada et en Louisiane. Le disque est paru sur l’étiquette Bonsound Records, la même que celle du premier album de Lisa LeBlanc.

L’album précédent de Radio Radio, Belmundo Regal, paru en 2010, a été un succès tant critique que public. Ce deuxième disque a propulsé le trio d’Acadiens à l’avant-plan de la scène musicale en remportant plusieurs récompenses.

Après avoir été retenu sur la prestigieuse liste des finalistes au prix de musique Polaris, la formation a été récompensée, entre autres, du prix Miroir Musique urbaine et actuelle du Festival d’été de Québec et du Félix de la réalisation de l’album de l’année avec Sébastien Blais-Montpetit.

Le groupe s’est produit sur plusieurs grandes scènes en Amérique du Nord et en Europe. n