La grande saga familiale d’Edna Arseneault-McGrath

MONCTON – Dès qu’elle a terminé son roman, La fille de Molly, l’auteure Edna Arseneault-McGrath a eu envie d’écrire la suite. Trois ans plus tard, elle est de retour avec le deuxième tome de cette saga familiale qui nous transporte de l’Irlande à l’Angleterre.

Ray, le fils de Molly, vient tout juste de paraître aux Éditions Fidès. Après s’être arrêtée au Salon du livre d’Edmundston, la romancière native de Rivière-à-la-Truite dans la Péninsule acadienne, maintenant établie à Laval au Québec, est de passage au Festival Frye cette semaine pour présenter son nouveau roman.

Ce deuxième tome raconte l’histoire du jeune Irlandais Ray, le frère de Tara (La fille de Molly). Ray a été séparé de sa mère, Molly, et sa sœur, Tara, pour être élevé par son oncle et sa tante qu’il ne connaissait pas. À l’âge de 13 ans, il décide de s’enfuir avec son ami Dylan vers l’Angleterre. Ray est un enfant qui a la bougeotte, espiègle, fougueux, un peu malcommode et avide de plaisir. Ayant été abandonné par sa mère et son père, ivrogne, il a été blessé profondément. En se sauvant de la maison de son oncle et de sa tante, il vivra toutes sortes d’aventures, parfois tristes, parfois heureuses.

«Je me suis dit qu’un enfant qui perd les trois personnes les plus significatives de sa vie va faire un enfant qui n’est bien nulle part», a souligné l’auteure.

Ray et Dylan aboutiront à Brighton au bord de la mer. Comme dans son premier roman, Edna Arseneault-McGrath a fait énormément de recherches pour mener à terme ce livre. Elle est même entrée en contact avec un policier retraité de Brighton qui a accepté de répondre à toutes ses questions au sujet de la ville.

«Je trouve que c’est important la recherche parce que ça donne de la crédibilité au livre. Il n’y a rien de plus vrai qu’un personnage fictif. Il mange, il travaille et il vit des émotions», a déclaré Edna Arseneault-McGrath, dont les yeux pétillent quand elle parle d’écriture.

Elle vit avec ses personnages lorsqu’elle entreprend un roman. L’histoire et les personnages l’habitent complètement. Pour cette ancienne enseignante qui a déjà oeuvré auprès d’élèves en difficulté, les enfants ont une place de choix dans son cœur.

«Je pense que les blessures faites aux enfants ne guérissent jamais», estime l’auteure. Ray n’aura pas la vie facile en Angleterre, mais il réussira à s’en sortir. Certains diront que cela ressemble à un conte de fées, mais d’après la romancière, c’est important que les histoires finissent bien pour les enfants.

Celle qui a voyagé à travers le monde, ayant visité 34 pays, considère que l’écrivain utilise tous ses sens pour faire son métier. Edna Arseneault-McGrath n’oublie jamais l’Acadie. Elle revient à Tracadie-Sheila pendant plusieurs mois chaque année. D’ailleurs, elle lancera son nouveau roman le 27 mai à Tracadie-Sheila.

«C’est important de savoir d’où l’on vient pour savoir où on va», a soutenu la romancière qui n’a pas encore décidé si elle ajoutera un troisième tome à cette saga. Si jamais l’envie lui prenait, elle écrirait sur Briana, la fille de Tara.