La revue Ancrages reprend vie

 MONCTON – Le seul périodique de création littéraire en Acadie, la revue Ancrages, reprend ses activités en publiant une double édition qui rassemble des textes inédits d’au moins 24 auteurs.

Le nouveau conseil d’administration de la revue Ancrages lance jeudi les numéros six et sept dans lesquels on retrouve les textes des auteurs ayant participé au projet Moncton24 et de la trilogie littéraire Libéré(e) sur parole. Depuis sa création, la revue Ancrages, qui a pris la relève de la défunte revue Éloize, a connu quelques soubresauts. Trois conseils d’administration se sont succédé. Comme le soulignent Sarah Marilou Brideau et Marie-Ève Landry, membres du nouveau comité formé en décembre, il est primordial d’avoir un périodique de création littéraire en Acadie, même si cela représente plusieurs défis. Les deux écrivaines qui terminent des études de maîtrise en littérature ont constaté dans leurs recherches que les revues reflètent une vitalité littéraire qu’il est difficile de retrouver dans d’autres sortes de publications.

«C’est d’une importance monumentale à la fois pour les nouveaux auteurs et pour garder la poésie vivante. Dans les cas d’un recueil, les auteurs doivent avoir une œuvre, une assise artistique, avant d’être capables de publier quelque chose comme ça. Le fait d’avoir une revue permet une certaine effervescence, et que ça bouillonne au-delà de quelque chose qui est bâti sur une plus longue période», a déclaré Sarah Marylou Brideau.

Dans ce nouveau numéro, les lecteurs pourront lire des textes d’une multitude de poètes acadiens dont certains livrent des œuvres étonnantes. Le projet Moncton24, conçu par Daniel Dugas, rassemble 24 poètes français et anglais qui ont écrit des textes dans 24 lieux différents de la ville de Moncton, sur 24 heures. C’était le 13 mars 2010.

«Chaque heure, il y avait un poète qui était quelque part en train d’écrire», a indiqué Marie-Ève Landry, qui a elle-même participé au projet.
Par la suite, ils ont organisé une soirée appelée polyfunique pendant laquelle les auteurs ont lu des extraits de leur texte en les regroupant par bloc.

Ce nouveau numéro de la revue Ancrages offre un propos moderne, vivant et poétique sur la ville de Moncton. Dans Libéré(e) sur parole, ce sont des textes qui émanent d’une soirée de poésie tenue en 2009, réunissant une quinzaine de poètes. Le comité de la revue Ancrages, ouvert à tous les genres littéraires, se prépare à prendre le virage web. Dorénavant, il n’y aura plus de publication papier. Les prochains numéros seront bâtis à partir de concepts, un peu comme le projet Moncton24.

En publiant uniquement la revue en ligne, ils pourront ainsi éliminer les coûts d’imprimerie et de mise en page. La revue Ancrages ne bénéficie d’aucun financement pour son fonctionnement général, à l’exception d’appuis qu’ils ont reçus du gouvernement provincial, de l’Université de Moncton et de l’Association acadienne des artistes professionnels du N.-B. pour des projets spéciaux. Ce sont tous des bénévoles qui s’occupent de la revue.

«Si on passe au web, on peut être plus actif, plus présent et plus près des gens. On peut être là toutes les semaines et offrir quelque chose de plus dynamique qui reflète le monde d’aujourd’hui», a exprimé Marie-Ève Landry.

Pour l’instant, les responsables prévoient publier deux numéros officiels (format PDF en ligne) par année qui seront conçus à partir d’événements littéraires. Des textes seront publiés régulièrement sur le web. Le conseil d’administration est formé de David Décarie, Marjorie Pedneault, Gabriel Robichaud, Jean-Mari Pître, Jean-Pierre Caissie, Sarah Marylou Brideau et Marie-Ève Landry.

Après un lancement au Festival acadien de poésie à Caraquet qui est passé presque inaperçu, la revue Ancrages sera lancée jeudi, de 18 h à 20 h, au Centre culturel Aberdeen. Le lancement sera suivi d’une soirée de poésie.