La revue littéraire numérique Ancrages lancée

Marie-Ève Landry et David Décarie, du conseil d’administration de la revue Ancrages. - Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau
Marie-Ève Landry et David Décarie, du conseil d’administration de la revue Ancrages. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

MONCTON – Pour son huitième numéro entièrement numérique, la revue de création littéraire Ancrages propose des textes inspirés de faits divers.

Quatre faits divers ont été à la base des textes qui sont publiés dans ce nouveau numéro intitulé Jeudivers. Une vache en fuite, un homme qui cambriole son ex-femme, un Estonien qui remet un livre à la bibliothèque avec un retard de 69 ans ou encore une amende de 750 $ pour avoir inventé un méfait constituent les histoires qui ont inspiré les 16 auteurs. Des essais, de la prose, des nouvelles, des textes poétiques; les styles littéraires sont variés. Durant quatre semaines, chaque jeudi, le comité de rédaction a acheminé aux auteurs un fait divers. Ceux-ci ont été invités à écrire des textes inspirés de ces histoires inusitées pour ensuite les publier sur le site web de la revue.

Selon le président du conseil d’administration de la revue, David Décarie, ce numéro fournit un bel échantillon du paysage littéraire actuel de l’Acadie où se côtoient des auteurs établis et émergents. Seize propositions littéraires sont présentées en plus d’un essai sur l’appropriation du fait divers par les créateurs, signé par Marc-André Lapalice.

«C’est très éclaté comme styles littéraires. Nous avons même un scénario de film poétique de Jonathan Roy intitulé Péniche, un cinépoème multiplan en un seul acte redondant», a souligné l’écrivain et professeur à l’Université de Moncton.

Fondée par la poète Rose Després, la revue Ancrages, dorénavant sous la gouverne d’un conseil d’administration, célèbre ses 10 ans. Le projet a connu des hauts et des bas. Le président du comité admet que la tâche n’est pas nécessairement facile, mais il estime qu’il s’agit d’une base essentielle à la vie littéraire en Acadie.

«Les petites revues littéraires ont souvent une vie très courte, c’est toujours des connaissances qui se créent et qui se perdent. On essaie de continuer à naviguer. Pour nous, l’important est d’avoir un endroit où les jeunes auteurs peuvent publier», a poursuivi M. Décarie rappelant que des écrivains comme Jonathan Roy, Gabriel Robichaud, Dominic Langlois et Marie-Ève Landry y ont fait leurs débuts.

«Pour moi, Ancrages c’est important surtout pour les jeunes auteurs qui peuvent être publiés aux côtés des auteurs établis. Ça donne toujours une espèce de confiance pour les auteurs en herbe et nous voulons garder ça», a exprimé Marie-Ève Landry qui est membre du comité organisateur de la revue. Les écrivains sélectionnés reçoivent un petit cachet.

Afin d’assurer la pérennité d’Ancrages, les organisateurs ont décidé de publier le périodique uniquement sur le web. Ils veulent ainsi réduire leurs coûts de production, accroître la diffusion, offrir un lieu d’échange continu et trouver de nouvelles voix.

«On a eu cinq fois plus de visiteurs sur le site que de ventes de revues. Un numéro qu’on publiait à 300 copies ne se vendait pas facilement.  C’était assez cher de le faire imprimer et les subventions sont rares et pas toujours aussi importantes qu’on voudrait. Pour nous, c’est la meilleure façon de continuer avec peu de subventions», a précisé M. Décarie.

L’objectif du comité est de créer des activités littéraires sur le web et en direct. Ils ont plusieurs projets en chantier. Le prochain numéro pourrait tourner autour des affiches poétiques. Pour tous les numéros, les organisateurs lanceront aussi des appels à tous, en plus des auteurs invités.

Le lancement de Jeudivers aura lieu jeudi, à 18 h, au Centre culturel Aberdeen. Plusieurs auteurs feront des lectures de leurs textes. Voici les auteurs qui ont participé au projet: Anna-Maria Lacriola, Jean-Mari Pître, Sara Dignard, Christian Roy, Jonathan Roy, Rebecca Behar, Sébastien Lord-Émard, Martine L. Jacquot, Jean Babineau, Kimberly Gautreau, Éric Kennedy, Sébastien Bérubé, Marie-Christine Collin, Marie-Claire Dugas, Maurice Raymond et Herménégilde Chiasson. L’image sur la page couverture est de Guy Arsenault. Le document numérique pourra être téléchargé à compter du 3 avril.