Rachel Therrien: la trompette ouverte sur le monde

La trompettiste de jazz Rachel Therrien et ses musiciens débarquent dans les Provinces maritimes afin d’offrir un tour d’horizon de leur répertoire. L’artiste propose une musique ouverte sur les rythmes du monde.

Si l’histoire du jazz est riche de ses nombreux standards, il reste que ce genre musical se réinvente et les possibilités sont infinies, comme en témoigne le quintette de Rachel Therrien. Après avoir été primée en 2015 au Festival international de jazz de Montréal, la trompettiste qui s’est produite sur la scène principale de ce même festival cet été a entrepris une vaste tournée canadienne. C’est la première fois qu’elle offre des concerts au Nouveau-Brunswick. Elle en rêvait depuis longtemps, d’autant plus que le batteur de son groupe, Alain Bourgeois, est natif de Dieppe. Ce dernier a oeuvré au sein de plusieurs formations, notamment avec son père, le trompettiste Roland Bourgeois. Rachel Therrien travaille avec lui depuis 2009.

«Déjà, il y a 7 ans, c’était un des meilleurs batteurs de ma génération et on se croisait dans les jams et ç’a été un coup de coeur musicalement. Quand j’ai commencé à composer, c’est lui que j’entendais sur ma musique», a-t-elle affirmé en entrevue à l’Acadie Nouvelle.

Originaire de Rimouski, Rachel Therrien figure parmi les rares trompettistes de jazz féminines au Québec. Celle qui a produit deux albums avec son quintette et un disque avec son nouveau projet, Pensiamento, réalisé en Colombie, est arrivée sur la planète jazz par un beau hasard de la vie.

«Quand je suis entrée au secondaire comme on venait de déménager, je suis arrivée un peu après les autres dans le cours de musique et les deux seuls instruments qui restaient c’était le trombone et la trompette. C’est en voyant une image dans un dictionnaire que j’ai choisi la trompette parce qu’il y avait des pistons et que je ne comprenais pas trop comment le trombone fonctionnait. On dit souvent que c’est l’instrument qui choisit le musicien et dans mon cas, c’est vraiment ça», a raconté la musicienne.

La trompette est devenue toute sa vie, rappelant qu’il s’agit de l’un des instruments les plus près de la voix.

«Il y a tellement de liberté et c’est un instrument qui est quand même assez difficile et je suis une personne qui a toujours aimé les défis», a poursuivi la musicienne qui compose toutes ses pièces. Si parfois, elle bifurque vers d’autres projets, il reste que son quintette constitue son activité principale.

Celle qui se définit comme une percussionniste refoulée dans l’âme crée une musique fortement influencée par les rythmes du monde.

«La plupart de mes pièces sont parties d’un concept rythmique. J’ai étudié pendant deux ans à Cuba en 2008 et j’ai étudié beaucoup de percussions. Ç’a toujours été quelque chose qui m’a interpellé parce que j’ai commencé ma carrière en tant que trompettiste dans des groupes de musique africaine, mais le point commun qu’on a entre tous les musiciens du groupe c’est qu’on était tous des amateurs de rock. C’est sûr qu’il y a beaucoup d’influences rock dans la musique qu’on joue et ça se voit surtout live», a expliqué la compositrice qui voit le jazz comme une philosophie de conversation musicale à travers l’improvisation. Chaque spectacle est différent. L’improvisation lui permet de voyager, de créer des moments magiques et lui ouvre des portes.

Rachel Therrien, qui sera entourée de trois musiciens, dont Alain Bourgeois, sera en concert jeudi, au Grimoss Brewery à Fredericton, et dimanche, au Centre culturel Aberdeen. La formation The Live Lobsters Orchestra de Moncton assurera la première partie du spectacle.