Défi de recrutement dans les chorales paroissiales

NDLR: L’Acadie Nouvelle présente aujourd’hui la suite de son dossier sur les chorales en Acadie et les choristes passionnés qui animent cette tradition.
Avec la baisse de fréquentation des églises, les chorales paroissiales font face à des défis de recrutement. Valmond Bourque qui dirige la chorale de l’Église Sainte-Thérèse de Dieppe depuis 20 ans s’estime chanceux d’avoir une trentaine de membres dans son ensemble.

«Je dirais que dans mon groupe la moyenne d’âge doit être à peu près dans les 70 ans. Je n’ai pas beaucoup de jeunes personnes. J’ai perdu plusieurs membres en 20 ans. Comme relève immédiate, il n’y en a pas», a déclaré Valmond Bourque.

Être choriste est un engagement quand même assez exigeant. En plus des répétitions hebdomadaires, la chorale anime la messe durant les fins de semaine. De plus, les voix d’hommes ne sont pas nombreuses. Celui qui chante aussi avec le Choeur Louisbourg observe le même problème.
Ce gestionnaire de services financiers pour le gouvernement fédéral ne pourrait pas se passer du chant choral. C’est une bonne façon de se sortir les chiffres du cerveau, mentionne-t-il.

«J’aime beaucoup ce moyen d’expression. Diriger une chorale, c’est comme diriger un train. Nous avons développé une complicité entre nous. Comme ça fait très longtemps, ils me comprennent. Ça me permet de m’exprimer par les voix des membres de la chorale», a confié M. Bourque.
D’après celui-ci, le fait que les églises se vident a un impact direct sur l’ensemble des services de la paroisse.

«C’est très difficile de trouver des lecteurs et des personnes qui s’impliquent dans la communauté. C’est un problème partout alors on voit ça aussi dans les chorales. Je me compte chanceux d’avoir un aussi un grand nombre de choristes. Ce sont des gens qui ont connu le chant choral assez jeune et qui aiment ça», a poursuivi le chef de choeur qui accepte tout le monde dans sa chorale pourvu qu’ils soient prêts à faire les efforts nécessaires pour apprendre à chanter.

Selon lui, il y a eu un manque dans l’enseignement de la musique dans les écoles vers la fin des années 1970, ce qui a fait en sorte que beaucoup de gens n’ont pas appris à chanter.

Directrice de la chorale de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption à Moncton et de la chorale internationale de l’Université de Moncton, Cassandre Arseneau figure probablement parmi les plus jeunes chefs de choeur de l’Acadie. À la cathédrale, il y a seulement une dizaine de choristes, dont deux hommes.

«À la cathédrale, le recrutement est vraiment un défi parce qu’il y a tellement d’églises et de chorales religieuses dans la région de Moncton. Souvent, les gens intéressés sont déjà avec une église. Il y a de moins en moins de gens qui fréquentent l’église, donc c’est sûr que le nombre de choristes va aller proportionnellement avec cette diminution, mais le chant c’est tellement une partie importante de la messe. C’est là où les gens vont vraiment se connecter avec leur intériorité. Tant que les gens vont aller à la messe, il va y avoir du chant à la messe», a fait valoir Cassandre Arseneau.

À la chapelle de l’Université où ils font le recrutement pour la chorale internationale, la situation est complètement différente. En trois ans, le nombre de membres a triplé, passant de 12 à 36. La moitié sont des hommes. Cassandre Arseneau a la piqûre pour la direction chorale. Elle a suivi des cours avec Monique Richard. Quand les anciens chefs de choeur ont quitté, elle ne voulait pas que ces chorales disparaissent.

«J’aime beaucoup l’aspect de musique en groupe. Le chant choral, c’est quelque chose qui est accessible à tout le monde parce qu’on n’a pas besoin d’avoir une voix extraordinaire pour chanter dans une chorale, mais avec toutes les voix ensemble, ça peut faire un résultat extraordinaire. J’aime les possibilités qui sont infinies et on peut explorer différents styles. Ça crée un sentiment d’appartenance et des amitiés», a ajouté l’étudiante au baccalauréat en éducation musicale originaire de Nigadoo.

Avec la chorale internationale, ils interprètent des chants en plusieurs langues de partout dans le monde.