Cinq événements culturels marquants de l’année 2016 (Vidéo)

L’année a été riche sur le plan artistique. Au-delà des nombreux festivals, des rassemblements littéraires et cinématographiques, des expositions et des spectacles en théâtre, en danse et en musique, voici cinq événements et faits saillants de l’actualité culturelle de l’année 2016 qui ont retenu l’attention des médias en Acadie.

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Travis Cormier à La Voix

Le public a découvert Travis Cormier à l’hiver 2016. Le jeune chanteur originaire de Dieppe qui a enflammé les réseaux sociaux dès la première émission de La Voix au réseau TVA, a tenu en haleine les téléspectateurs pendant plusieurs mois. La «Travismania» qui s’est emparée de l’Acadie et du Québec a suscité beaucoup d’émotions. Grâce à son interprétation de Dream On du groupe Aerosmith qui a séduit les juges lors de son audition à l’aveugle, le chanteur à la chevelure blonde et au regard candide est devenu en l’espace de quelques mois une étoile sur la planète du show business.

«C’est probablement une des meilleures années de ma vie parce que j’ai appris tellement de choses à propos de moi-même et de ce que je veux dans la vie», a exprimé le chanteur de 23 ans.

Même s’il n’a pas remporté la finale de La Voix, il a été invité par la suite à se produire dans des spectacles collectifs en Acadie et au Québec, comme celui des 20 ans de Bois-Joli à Shediac et du Show du refuge à Montréal. Il a partagé plusieurs fois la scène avec le rockeur québécois Éric Lapointe, notamment sur les Plaines d’Abraham à Québec devant une foule de 100 000 personnes. Ce moment l’a touché particulièrement.

En entrevue, Travis Cormier confie que si l’expérience de la Voix a changé sa vie, il reste que c’est le travail et les sacrifices qu’il a effectués avant qui l’ont mené à ce succès.

«La Voix, c’est une occasion pour se faire connaître, mais il faut être préparé parce qu’on doit s’adapter rapidement. Il faut avoir mis le travail avant d’aller sur un show comme ça pour que ça marche», a affirmé le chanteur qui précise que même s’il est moins visible dans les médias depuis la fin de l’émission, sa carrière continue.

«Je fais maintenant mon propre chemin et c’est encore plus excitant», a-t-il poursuivi.

Il a donné plus d’une trentaine de spectacles depuis son passage à La Voix et il sera en concert au Métropolis à Montréal, le 31 décembre dans le cadre du Party des fêtes des Lapointe. Il travaille à l’écriture de son premier album qu’il espère sortir à l’été 2017.

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Percée de Laurie LeBlanc au Québec

Le phénomène Laurie LeBlanc a créé bien des émois en 2016. Après 20 ans de carrière, le chanteur country de Bouctouche a réussi à faire une percée éclatante au Québec. Son histoire est digne d’un rêve. Propulsée par l’émission Puisqu’il faut se lever de Paul Arcand sur les ondes 98.5 FM à Montréal, la chanson Moi itou Mojito, tirée de son album 20, s’est hissée au sommet du palmarès francophone iTunes Canada au printemps. Par la suite, l’Acadien s’est vu ouvrir de nouvelles portes au Québec, attirant ainsi l’attention des médias québécois. Laurie LeBlanc, qui travaille avec l’agence de promotion et de relation de presse Six Média Marketing, parle d’une belle victoire pour la musique country acadienne.

«Le buzz que j’ai eu avec Moi itou Mojito, c’est ce que j’avais besoin. Ç’a eu un plus grand impact que je pensais et même sur le développement de ma carrière au Nouveau-Brunswick. Du moment que Paul Arcand a trippé dessus et que c’est devenu numéro un au Canada, tous les autres médias ont suivi», a exprimé en entrevue Laurie LeBlanc.

Ayant récolté une nomination à l’ADISQ, deux prix au Gala Country (album de l’année et auteur-compositeur-interprète de l’année), le chanteur a donné près de 50 spectacles en 2016. Il a même fait une rentrée montréalaise au Lion d’Or à l’automne. Il espère se produire de plus en plus dans les salles de spectacle. Si la musique country a la cote auprès des festivals durant l’été, il reste qu’il y a encore du travail à faire du côté des salles, estime-t-il. En remportant la tournée atlantique En plein dans le mille (Assomption Vie-Ici Acadie) à la 20e FrancoFête, il a le sentiment d’avoir franchi une nouvelle étape.

«C’est une année de rêve. Ce n’est pas facile de vivre de la musique à plein temps en Acadie. Je le fais depuis deux ans. Nous avons travaillé fort sur l’album 20 qui fait un clin d’œil à mes 20 ans de carrière», a ajouté l’auteur-compositeur-interprète qui écrit des textes simples inspirés du quotidien des gens.

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Les Éloizes

Tous les deux ans, la communauté artistique de l’Acadie se rassemble afin de célébrer l’excellence dans toutes les disciplines artistiques. En 2016, cette grande fête des arts a eu lieu à Dieppe. Près de 100 créateurs se sont produits pendant ces cinq jours d’activités qui ont rejoint au-delà de 5000 personnes. La directrice de l’Association acadienne des artistes professionnels de l’Acadie (AAAPNB) et productrice de l’événement, Carmen Gibbs, estime que le bilan est positif sur le plan artistique, communautaire et de l’imagination. En plus des salles de spectacle, les artistes ont offert des prestations dans des lieux inhabituels, comme les parcs, les marchés et les commerces. Les concepteurs ont même réussi à transformer l’aréna Arthur-LeBlanc en salle de spectacle afin d’accueillir la Soirée des Éloizes. Animée par le comédien Matthieu Girard, la 14e Soirée des Éloizes a récompensé le travail de 12 artistes en plus de rendre hommage au cinéaste Leonard Forest. Il s’agit du seul événement du genre au Canada qui rassemble toutes les disciplines artistiques. De plus, les 38 écoles du District scolaire francophone Sud ont reçu la visite d’artistes. Du jamais vu, a indiqué la productrice, soulignant du même coup que les autres districts scolaires ont les mêmes ambitions pour le futur. Le gala a été diffusé en direct sur Ici Radio-Canada Acadie. La productrice espère maintenant convaincre la direction de Radio-Canada de diffuser le gala en direct sur son réseau national dans le cadre d’une émission de deux heures au lieu d’une heure et demie.

«Une des grandes forces des Éloizes, c’est sa pluridisciplinarité. Je crois que c’est ça qui nous distingue. Le fait qu’on déménage l’événement au lieu de rester dans un lieu, c’est clair que c’est un défi, mais on réussit à le faire. Ce n’est pas seulement un moment de rayonnement pour les artistes, on veut que ce soit un moment de rayonnement pour la région hôtesse et pour l’Acadie. Quand on va ailleurs, on se rend compte de la fierté que les gens ont de recevoir cet événement-là», a ajouté Mme Gibbs, précisant que le budget de l’événement tourne autour de 575 000$, et ce, sans compter la contribution du télédiffuseur et de la municipalité hôtesse.

Les prochains Éloizes auront lieu à Edmundston du 2 au 6 mai 2018.

Les hauts et les bas de l’industrie de la musique

La crise que traverse l’industrie musicale, tant en Acadie qu’ailleurs dans le monde, a connu un pic en 2016. Pendant qu’un nombre record de nouveautés musicales arrivent dans nos chaumières, les ventes de disque diminuent et le public n’est pas toujours au rendez-vous dans les salles de spectacle. Musique NB a recensé 99 albums réalisés par des artistes de la province en 2016, dont au moins 25 nouveautés acadiennes. Le programme provincial de Développement de l’industrie de la musique (DIM), qui dispose d’un budget de 300 000$ pour ses trois volets, a reçu un grand nombre de demandes. Ils ont appuyé la production de 16 albums sur 28 demandes. Des artistes comme Caroline Savoie, Joseph Edgar, Joey Robin Haché, les Hay Babies, Lisa LeBlanc, Cy, Menoncle Jason, George Belliveau, pour ne nommer que ceux-là, ont tous sorti de nouveaux disques cette année.

«L’industrie de la musique a beaucoup évolué dans les dernières années. Il y a plus de jeunes artistes et c’est sûr que le concours Accros de la chanson a un gros rôle à jouer là-dedans. On a aussi plus de modèles d’artistes chevronnés. Nous avons tellement de bons artistes et cela a adonné cette année que tout le monde a une production. C’est incroyable comme développement. Je pense que le niveau de qualité augmente aussi parce que c’est plus facile au niveau technologique, puis il y a plus de réalisateurs et de studios professionnels», a indiqué la propriétaire de l’agence et maison de disque, Le Grenier Musique, Carol Doucet.

Comme d’autres artisans du milieu musical, celle-ci a lancé un cri d’alarme cet automne. Malgré cette abondance de nouvelles parutions musicales, l’industrie de la musique vit une période creuse de son histoire. Mme Doucet a rappelé que les ventes sur iTunes dans le monde ont diminué de 26% de janvier à juin. Même constat en Acadie et au Québec. Des observateurs attribuent cette diminution à la montée en popularité des sites de musique en continu.

«Vu que c’est une période creuse pour les artistes et que nous avons une meilleure qualité musicale au Nouveau-Brunswick, il faut que le public acadien se rende compte de la richesse et de cette force-là. Il faut qu’ils appuient davantage les artistes en achetant leur disque et en allant voir leur spectacle parce que si ça ne se fait pas, ils ne pourront pas continuer à créer autant», a-t-elle ajouté.

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Création de murales dans la région de Moncton

Depuis deux ans, le Grand Moncton se distingue, entre autres, par l’apparition de murales qui ornent les façades de certains édifices. Ces immenses fresques créées dans le cadre du Festival Inspire ont été réalisées par des peintres de l’Atlantique et de plusieurs régions du monde. On retrouve maintenant 24 murales dans les villes de Moncton, Dieppe et Riverview, certaines étant plus spectaculaires que d’autres. Juste en 2016, ce sont 13 fresques qui sont apparues dans le paysage. Elles ont été peintes par des artistes de Londres, de Paris, de Rotterdam, de la Californie, de l’Espagne, de Montréal et des Provinces maritimes.

«Les sujets viennent souvent d’une inspiration de la région. Les artistes font leurs études sur Moncton et le Nouveau-Brunswick et ils mettent un peu ça dans les murales. Mais on laisse de la place à l’artiste pour créer son œuvre», a déclaré le directeur artistique du Festival Inspire, Matt Williston.

La ville est devenue ainsi plus colorée. Des lieux qui autrefois étaient inesthétiques deviennent tout à coup attrayants, même si certaines œuvres peuvent parfois être endommagées par la suite. Selon la directrice générale du Festival, Lisa Griffin, cela contribue certainement à encourager les gens à rester dans la région. Le Grand Moncton est le seul centre urbain du Nouveau-Brunswick à proposer ce genre d’art public. Les organisateurs sont actuellement à la recherche de financement pour l’organisation du prochain Festival Inspire en 2017. Certains appuis sont assurés, tandis que d’autres sont à venir. Matt Williston souligne que l’envergure de l’événement dépendra de l’appui de la communauté.

«Si la communauté veut que ça continue et que ça grandisse, il faut de l’aide. Tout le monde l’apprécie, mais qui va payer pour l’art?», a ajouté le directeur artistique, précisant que les organisateurs rêvent grand.

Au-delà de la création des murales, le festival envisage de mettre en place d’autres projets communautaires qui auront un impact sur la vie urbaine. Une fois que le financement sera confirmé, ils pourront lancer un appel aux créateurs.