Les voyages et l’art textile à l’honneur dans une exposition au Théâtre Capitol

L’artiste globe-trotteur Elizabeth Vanderleelie propose de revisiter certains endroits du monde avec sa nouvelle exposition d’art textile, Interval, présentée au Théâtre Capitol à Moncton.

Quarante pièces composent cette collection d’oeuvres créées avec des tissus, des fils et du papier. L’artiste qui habite à Cap-Pelé a développé sa propre technique de création qui s’apparente à des assemblages puisque ses paysages textiles comptent plusieurs couches. Ses œuvres qui font appel à l’imaginaire sont uniques.

Pour réaliser ses tableaux en relief, elle enroule des tissus et des fils de différentes couleurs autour de tubes qu’elle rassemble en lignes verticales. Sur certaines pièces, elle a ajouté de petites billes brillantes. Elle utilise entre 30 et 40 pièces de tissus pour chacune de ses œuvres. Ses compositions abstraites aux couleurs vibrantes dégagent des émotions et des impressions qui suscitent la curiosité.

La plupart des titres des œuvres correspondent à des endroits visités par l’artiste, comme Paris, New York, Buenos Aires, Cologne, Montevideo, Beaubassin, Prague, Westport, Madrid pour ne nommer que ceux-là.

Elizabeth Vanderleelie a voyagé beaucoup avant de s’établir à Cap-Pelé. Née en Angleterre de parents canadiens, elle a vécu aux Pays-Bas, en Amérique du Sud et dans plusieurs régions du Canada. Elle a un fils qui vit à Halifax et un autre qui demeure sur l’Île de Vancouver.

«Voyager, c’est l’une des choses que j’aime le plus faire», a confié l’artiste qui a étudié la photographie, le dessin, la peinture et l’histoire de l’art. Elle a travaillé dans le secteur des galeries d’art publique. Elle et son conjoint Robert Vanderleelie ont tenu une galerie commerciale à Edmonton pendant plusieurs années. Les voyages lui ont permis d’admirer l’art à travers le monde. Bien qu’elle soit âgée de 62 ans, elle se considère comme une artiste émergente puisque ce n’est que depuis sa retraite, qu’elle se consacre entièrement à la pratique de son art. Après avoir vécu un peu partout dans le monde, elle a eu envie de vivre dans un endroit plus tranquille comme Cap-Pelé.

«Nous avons vraiment aimé l’endroit qui est joli et tranquille. Nous étions fatigués du bruit et quand on arrive au Canada, on constate comment c’est propre et tranquille», a raconté l’artiste qui vivait à Montevideo en Uruguay avant de venir s’établir au Nouveau-Brunswick.

Elle estime que son environnement, la forêt, l’hiver, la plage et la mer influencent son travail artistique. Celle qui cultive la lavande habite dans une grande maison où elle a son studio et sa salle de couture.

L’art textile l’intéresse depuis longtemps. Quand elle commence une œuvre, elle choisit des couleurs, des teintes et des fils afin de créer des reflets qui illuminent son travail. En regardant ses œuvres, on peut imaginer un jardin, une ville, une forêt, la blancheur de l’hiver, les lumières de la nuit ou encore la danse flamenco à Madrid.

«Je n’essaie pas de décrire les endroits précisément. Ce sont plus des sentiments et des émotions que nous avons ressenties en visitant ces lieux», a-t-elle expliqué.

Certaines œuvres qui sont moins prévisibles évoquent un peu la floraison puisqu’elle a tranché les tubes (pailles de plastique), permettant ainsi de voir l’intérieur des tiges.

«J’aime la variété du textile et aussi le fait que traditionnellement c’était un art domestique relié au travail des femmes», a ajouté Elizabeth Vanderleelie.

Le vernissage de son exposition Interval s’est déroulé mercredi dans le foyer du Théâtre Capitol et les œuvres sont en montre jusqu’au 20 février.

Elizabeth Vanderleelie a présenté quelques expositions solos et de groupe au Nouveau-Brunswick, notamment à St Andrews, à Shediac et à Fredericton. Sa prochaine exposition sera présentée au Charlotte Street Arts Center à Fredericton au mois de mai.