Moncton se donne des airs de Broadway: Oliver! séduit le public [Vidéo]

Œuvre lumineuse sur l’espoir, la comédie musicale Oliver! qui rassemble près de 70 interprètes et musiciens dans une production d’envergure au Théâtre Capitol voyage à travers diverses émotions, entre le rêve et la tendresse.

Solide distribution, costumes fantastiques, mise en scène efficace ponctuée d’effets ingénieux et de projections qui permettent de transporter le récit d’un lieu à l’autre malgré l’étroitesse de la scène. Cette production ravit autant les yeux que les cœurs. Elle a tout d’un spectacle musical de Broadway.

Le Théâtre Capitol présente cette célèbre comédie musicale de Lionel Barts, depuis samedi. À l’issue de la représentation mardi, la foule d’environ 500 spectateurs s’est levée en acclamant la cinquantaine de chanteurs, comédiens et l’orchestre de 15 musiciens dirigé par Antonio Delgado. Impossible de rester insensible devant ce spectacle qui nous entraîne dans les bas-fonds londoniens du XIX siècle.

Au-delà des difficultés, de la pauvreté, de la violence, du crime et des luttes de pouvoir, l’espoir et l’importance de croire en ses rêves se dégagent de cette œuvre qui relate l’histoire d’un jeune orphelin, dont la mère est décédée alors qu’il était nourrisson. Il ne lui reste plus qu’un médaillon. Ce spectacle tiré du roman Oliver Twist, de Charles Dickens (1838), a traversé les âges.

Le récit débute à l’orphelinat dirigé par Monsieur Bumble où Oliver Twist et ses camarades vêtus de haillons sont sous-alimentés. Prenant son courage à deux mains, le jeune Oliver réclame davantage de nourriture, mais devant sa bravade, il est expulsé de l’orphelinat et vendu à une famille de croque-mort qui le prend sous son aile. Par la suite, il s’échappe pour se retrouver à la rue où il fait la rencontre du pickpocket The Artful Dodger qui l’entraînera dans une bande de jeunes truands qui vivent secrètement sous le joug de Fagin et de son cruel acolyte Bill Sikes. Il fera alors la rencontre de la belle et généreuse Nancy, magnifiquement incarnée par Michelle Thibodeau. L’artiste âgée de 24 ans, native de Moncton, fait maintenant carrière à Toronto après avoir étudié au Canadian College of Performing Arts à Victoria en Colombie-Britannique. Habituée des comédies musicales en plus d’être auteure-compositrice-interprète, elle est heureuse d’être de retour dans sa ville natale pour jouer dans un deuxième spectacle musical. En 2016, elle a interprété Liesl dans The Sound of Music. Le personnage de Nancy, qui tentera d’aider Oliver, est central au récit. Elle a livré une prestation éclatante.

«C’est un rôle vraiment exigeant du côté émotionnel. Mais c’est un défi que j’accomplis avec plaisir. C’est un défi aussi parce que c’est probablement le rôle le plus mature que j’ai joué à ce jour. J’aime l’atmosphère des comédies musicales et la magie lorsque tout est mis ensemble, l’orchestre et les comédiens. C’est un moment formidable. J’étais un peu nerveuse la première journée, mais maintenant, on est comme une famille et il y a beaucoup de soutiens», a exprimé la chanteuse, en entrevue dans les coulisses du Théâtre Capitol.

Après s’être fait arrêter par les gendarmes, Oliver trouvera enfin refuge dans une famille bien nantie, auprès de M. Brownlow et de la gouvernante Mme Bedwin (Mélanie LeBlanc). M. Brownlow notera une certaine ressemblance entre son protégé et sa fille qu’il a perdue.

Bien que les subtilités des accents britanniques de l’époque ne sont pas toujours faciles à saisir, surtout dans les chansons, il reste que l’ensemble du récit se suit très bien et que la beauté du spectacle émerveille. Il y a beaucoup d’enfants dans le spectacle et ils sont remarquables. Ils jouent avec un naturel étonnant. Plus de 1800 spectateurs ont assisté au spectacle depuis samedi, en plus des matinées scolaires. Il reste six représentations et les organisateurs espèrent accueillir 5000 spectateurs d’ici à dimanche. Marshall Button signe la mise en scène et Antonio Delgado assure la direction musicale.