Les amateurs de jazz de la région de Moncton ont maintenant un festival

Le Centre culturel Aberdeen de Moncton vibrera au rythme du jazz cette fin de semaine, alors qu’un nouveau festival consacré à cette musique voit le jour.

Le Festival Jazz Aberdeen se déroule du 3 au 5 mars à la Salle Bernard-LeBlanc. Pour ce premier effort, les organisateurs proposent une programmation modeste qui sera appelée à prendre de l’ampleur au cours des prochaines années. Figurent au menu des festivités, des concerts, du cinéma et une classe de maître donnée par les artistes de renommée internationale, Kirk MacDonald et Harold Mabern. L’ensemble Moncton Mingus Band, qui réunit des musiciens expérimentés de la région dirigés par le contrebassiste Jeff Richard, donnera le coup d’envoi au festival vendredi (17h à 20h).

«Depuis que je travaille au Centre culturel, ça fait quelques spectacles jazz qu’on organise. Comme on présentait le spectacle du duo, Harold Mabern (piano) et Kirk MacDonald (saxophone) dimanche soir, on a eu l’idée d’organiser un festival autour de ce concert. C’est vraiment spontané, juste pour se réchauffer à la fin février», a déclaré le responsable de la gestion et de la programmation de la salle Bernard-LeBlanc, René Poirier.

Celui-ci souhaite que le festival devienne un événement annuel. Un comité sera mis sur pied afin d’explorer différentes avenues dans le but d’élaborer une programmation variée. La ville de Moncton a déjà eu des festivals de jazz par le passé, mais face à l’absence de relève, ces événements ont disparu. Le trompettiste de jazz Roland Bourgeois, membre du Moncton Mingus Band, qui invite régulièrement des musiciens à se produire à Moncton, est convaincu qu’il y a un public pour ce style de concert. En 2016, il souligne que des centaines de personnes ont assisté aux spectacles de jazz à la salle Bernard-LeBlanc.

«Il y a un public pour le jazz même s’ils n’ont peut-être pas 20 ans. La salle Bernard-LeBlanc est parfaite pour ce genre de spectacle. Il y a un piano à queue. C’est une salle fantastique!», a affirmé M. Bourgeois.

La communauté jazz de la région compte plusieurs dizaines de musiciens. René Poirier estime qu’il y a de l’espace et un besoin pour un festival de jazz dans la ville, pourvu que ce soit un événement unique, différent et ouvert sur la communauté.

«Il y a une communauté autour du jazz et mon vœu, c’est d’ouvrir la musique jazz et d’aller dans les écoles et d’avoir des activités un peu partout dans le centre. Nous allons aussi essayer de mettre en valeur d’autres formes d’art pour arriver à faire quelque chose d’unique qui célèbre la musique jazz.»

Un documentaire sur la vie et la carrière du pianiste et compositeur américain Thelonious Monk, Straight No Chaser, sera présenté samedi soir. Le dimanche, le festival accueillera le duo Kirk MacDonald et Harold Mabern. Le pianiste octogénaire Harold Mabern, natif de Memphis au Tennessee, a joué avec les plus grands noms de la scène jazz, comme Miles Davis, Sarah Vaughn et Norah Jones. Il a participé à une centaine d’albums et enregistré une trentaine de disques solos. Selon Roland Bourgeois, ce sont deux grands musiciens qui proposent un style de jazz pur et authentique. Le saxophoniste Kirk MacDonald est originaire de Sydney en Nouvelle-Écosse et vit à Toronto depuis plusieurs années où il enseigne le jazz.

«Ces deux musiciens ont fait souvent des choses ensemble. C’est un moment unique de les avoir ensemble», a mentionné le trompettiste qui a déjà joué avec Kirk MacDonald. Ce dernier a 17 albums à son actif dont certains ont été primés au prix Juno.

Le duo donnera aussi une classe de maître le dimanche après-midi à une vingtaine de musiciens de la région. René Poirier indique que l’atelier affiche déjà complet.