Relief de Dominik Robichaud: la quête des sommets intérieurs

Pour sa nouvelle exposition Relief, l’artiste Dominik Robichaud a puisé son inspiration dans les montagnes de l’Ouest canadien; une thématique qu’elle explore aussi pour représenter les paysages intérieurs.

Il y a bien sûr les paysages dans notre environnement, mais qu’en est-il de ceux qui façonnent l’âme humaine? C’est un peu ce qu’a voulu étudier Dominik Robichaud dans son exposition Relief, présentée à la galerie du Centre des arts et de la culture de Dieppe jusqu’au 12 mai.

L’artiste de Moncton a repris le symbole des montagnes pour réaliser des œuvres qui se penchent sur la psychologie humaine en adoptant des approches utilisées en art-thérapie. En août 2015, elle a effectué une résidence de création au Banff Center of Arts où elle a réalisé ses œuvres préliminaires. Ce travail l’a mené à la création d’une nouvelle exposition qui rassemble six installations majeures aux techniques mixtes: dessins, peintures, pièces de bois, de sable, de papier, photographie. Celle qui a souvent réalisé des portraits psychologiques s’est inspirée, cette fois-ci, du paysage canadien.

«J’ai exploré la montagne comme relief, mais aussi comme un paysage intérieur», a déclaré Mme Robichaud.

Celle-ci a également fait des études en art-thérapie à Toronto pendant plusieurs mois. Cette formation est aussi à la base de son travail. Son exposition a donc été nourrie par son séjour à Banff et ses études en art-thérapie.

«Je pense que mon travail a toujours été intimement lié avec l’art-thérapie. Maintenant, mon but est d’aller encore plus loin et d’aider les gens à travers l’art. Mais avant d’aider les autres, il faut s’occuper de soi-même», a commenté l’artiste, dont le travail est axé sur l’autothérapie, la recherche d’une plus grande conscience de soi, tout en soulevant certaines questions existentielles.

La première installation intitulée Rituel regroupe une série de graphiques émotionnels. Chaque jour pendant le mois de janvier, elle a tracé une ligne qui reflète ses émotions. Par la suite, elle a refait ces graphiques sur des pellicules transparentes en choisissant une couleur qui correspond à ses états d’âme pour en faire un calendrier émotionnel.

On retrouve aussi dans cette exposition, une immense chaîne de montagnes réalisée avec une accumulation de papier et de peinture sur dix grands panneaux. L’installation Blanc de mémoire, qui occupe tout un mur de la galerie, mesure 8 pieds sur 40 pieds. Le collage comprend deux années de correspondance réunies dans 12 livres.

«J’ai photocopié ça et j’ai revisité les lettres entre 2001 et 2003. Ça m’a pris 40 pieds de longueur pour tout les mettre. J’ai effacé presque tout le texte, mais j’ai gardé les images», a-t-elle précisé.

En arrivant à Banff, il y avait un immense feu de forêt rendant les montagnes invisibles. Malgré cela, elle pouvait sentir leur présence.

La collection comprend aussi une installation aux techniques mixtes de Mandalas et de mantras sur papier, un acrylique sur bois, en plus de deux œuvres réalisées avec du sable et des figurines en papier. Ces œuvres sont inspirées de la thérapie du jeu de sable du psychologue Carl Jung. L’ensemble de l’exposition comporte une foule de symboles.

Très active sur la scène artistique depuis 2008, Mme Robichaud en est à sa 8e exposition solo. Elle sera aussi l’une des quatre artistes à l’honneur à l’encan annuel du Centre culturel Aberdeen le 18 mars, en plus de faire partie d’une exposition collective d’artistes émergents organisée par la Galerie Colline à Edmundston. Ses œuvres sont aussi en tournée avec les acquisitions de la banque d’œuvres d’art du Nouveau-Brunswick.