Jeux de guerre ou le bonheur de retomber en enfance

Les cowboys, les indiens, les soldats. Un monde imaginaire de jeunesse dans lequel est replongé avec plaisir l’artiste Christian Michaud pour sa nouvelle exposition, Jeux de guerre.

L’exposition est en montre à la galerie du Centre des arts de la Petite église d’Edmundston jusqu’au 29 avril.

Comme la plupart des «p’tits gars», Christian Michaud s’est inventé un monde imaginaire dans sa jeunesse avec des figurines ou des jouets en plastique, les bons d’un côté et les méchants de l’autre.

Plusieurs années plus tard, il constate que les jeux pour enfants ont beaucoup changé.

«Les jouets dans notre jeunesse étaient inoffensifs. Ils ne contenaient aucune violence explicite contrairement aux jeux-vidéos d’aujourd’hui. En nous amusant librement, nous étions portés à se construire des mondes, à nous créer des scénarios. C’est vraiment l’esprit du jeu qui dominait», a-t-il raconté.

Avec cette exposition, l’artiste témiscouatain ne veut nullement se faire moralisateur.

«Je n’ai pas l’intention de porter un jugement sur l’état du monde, ni des guerres. Cette thématique a été un prétexte pour explorer les motifs et les images pour ensuite les développer en sculpture et en peinture», a-t-il précisé.

Après toutes ses années de pratique artistique, Christian Michaud constate également que, comme dans sa jeunesse, il a conservé cet esprit de créer librement et sans contrainte.

«Je pense que cela m’a permis de préserver cet esprit ludique de mon enfance quand on jouait pour le pur plaisir. C’est la même chose dans les arts. On s’amuse dans le langage en créant des formes et des motifs, c’est l’essentiel de notre travail», a-t-il souligné.

Cette exposition d’oeuvres récentes servira de transition dans sa production artistique où il entend reprendre davantage le contact avec le travail d’assemblage et d’installation.

«J’avais délaissé cette pratique pour la peinture qui correspond mieux à mes attentes. Mais cette exposition va me permettre de retourner à la pratique de l’installation. Les galeries et les musées sont de lieux où le visiteur peut vivre librement une expérience esthétique et entrer en relation avec les oeuvres», a indiqué celui qui, dans la vie de tous les jours, est le directeur du Musée historique du Madawaska.

Avec Jeux de guerre, il veut aussi faire réaliser aux visiteurs que les oeuvres artistiques peuvent être simples en soi. Il espère aussi qu’ils ressentiront le plaisir qu’il a eu à préparer cette exposition.

«On peut librement s’amuser en arts avec des moyens simples comme les matériaux recyclés. Il suffit de travailler avec ce qui nous tombe sous la main au quotidien. Il en revient aux visiteurs de choisir la signification des oeuvres», a-t-il noté.