L’univers contrasté de Cédric Vieno (Vidéo)

Sur fond de critique sociale dans un mélange de rock robuste et de chansons introspectives, le troisième album de Cédric Vieno, Autopsie d’un peureux, navigue dans les émotions fortes et planantes.

Si avec ses deux premiers disques (Northshore Love Stories et Maquiller l’âne), l’auteur-compositeur-interprète natif de Robertville a révélé son côté plus folk et introspectif avec des balades amoureuses. Cette fois-ci, il se lance dans une aventure beaucoup plus éclatée et contrastée. Un beau mariage entre le folk, le rock et le blues. Des pièces électriques aux sonorités rugueuses côtoient quelques balades toutes douces et intimistes comme J’taime but I Gotta Go I et II. Il s’est donné beaucoup de libertés avec ce projet qui reflète bien son amour pour la diversité des genres musicaux.

«Cédric Vieno, c’est tout ça. Ça peut être du petit folk empathique, presque amoureux, mais ça peut être aussi du gros rock musclé à la critique sociale. Ça reflète la complexité de qui je suis. J’aime ça avoir des moments de grande intensité, un gros son rock pour ensuite faire un contraste et revenir avec quelque chose de tout petit et de très fragile», a déclaré en entrevue Cédric Vieno.

Après un lancement à Moncton et Caraquet, le chanteur qui partage sa vie entre le Nouveau-Brunswick et Montréal, lancera son album le 27 mars au Café-bar Le verre bouteille à Montréal.

Pour Cédric Vieno, l’autopsie, c’est celle du monde qui l’entoure. Ce fin observateur aborde divers enjeux sociaux sur ce troisième disque, que ce soit dans la pièce Vends-moi, où il dresse un portrait sombre de la société de consommation, dans Shack à boire où il raconte l’histoire d’un alcoolique, ou encore avec Le Fantôme de Marie-Katherine sur la santé mentale.

«À la place de parler de moi, je parle de sujets qui m’intéressent et ça finit par faire l’album plus personnel tout en parlant très peu de moi. Je crois que c’est un portrait de l’artiste qui est plus fidèle à la réalité. Je ne suis pas un gars qui est toujours en train de brailler parce que mes relations amoureuses vont mal, surtout que ça fait cinq ans que je suis avec la même fille.»

ll a écrit les dix chansons du disque au cours des deux dernières années.

Celui qui refuse de s’enfermer dans un carcan n’a pas de modèle précis quand vient le temps de composer une chanson. Chaque pièce a sa démarche qui lui est propre.

Quatre chansons ont été composées dans le chalet familial à Sormany où a été tourné le vidéoclip de Chandail de loup (Bosco Medias) – une sorte de ballade meurtrière inspirée de l’univers du vieux folk américain.

La pièce Perdrix s’inspire d’une histoire qu’il a vécue dans ce chalet.

«C’est une fenêtre sur l’ambiance de création de cet album», a exprimé le chanteur et guitariste qui a collaboré avec quelques auteurs-compositeurs, dont Pierre Guitard et Pascal Lejeune.

Le processus de création et d’enregistrement s’est déroulé sur une période de 14 mois, leur permettant ainsi de laisser mûrir les chansons. De concert avec son batteur et réalisateur Gregory Fitzgerald, qui a un studio à Montréal, il a exploré diverses avenues musicales, rappelant parfois les sonorités aériennes de Daniel Lanois ou encore les influences rock du groupe The Queens of the Stone Age.

Cédric Vieno travaille maintenant de façon indépendante. Il a quitté l’Agence Wade pour gérer lui-même sa carrière. Ayant une formation en gestion d’entreprise, il aime ces facettes du métier de musicien: la production et le financement.

«J’aime ça connaître mon métier et savoir quoi en faire. Je trouve que c’est important surtout à l’époque où il y a beaucoup de changements dans l’industrie musicale et qu’il n’y a presque plus de revenus dans la vente de disque et de musique. Il faut trouver de nouveaux modèles et celui que j’ai choisi, c’est de m’impliquer davantage dans la production du disque», a-t-il ajouté.