Dossier La Voix (1 de 2) – Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus

Quel est l’impact des concours télévisés comme La Voix sur les carrières des chanteurs? Peu importe le chemin emprunté et la grandeur du talent, rien n’est garanti en musique, estime l’animateur et chroniqueur musical Pierre Landry.

Si les artistes rêvent d’atteindre les hautes sphères du show-business et de décrocher leur étoile, peu d’entre eux se rendront au sommet. L’animateur originaire du Campbellton, Pierre Landry, qui suit la scène musicale depuis longtemps, estime que La Voix (dont la saison V se déroule en ce moment) est un tremplin et même pour certains, une catapulte qui offre une visibilité comme aucune autre plateforme.

«Si je pouvais chanter et que j’avais l’occasion d’aller à La Voix, j’irais probablement moi aussi parce que c’est une des meilleures façons de nos jours d’avoir une visibilité. Est-ce qu’un artiste qui passe par La Voix est garanti d’une carrière à long terme? Peut-être que non, mais en même temps, quelqu’un qui passe par la route normale des bars n’est pas garanti non plus d’une carrière à long terme, pas plus que l’autre qui passe par La Voix», a déclaré Pierre Landry, qui est maintenant animateur à la station CHOM-FM à Montréal.

Avec des cotes d’écoute de plus de 2 millions téléspectateurs et des spectacles qui affichent complet, La Voix est une vitrine incomparable qui influence la consommation des gens. Il note que dès qu’une chanson de La Voix est lancée sur iTunes, l’impact est instantané.

«Ça peut définitivement lancer la carrière de quelqu’un. Je pense, entre autres, à Charlotte Cardin de la première saison qui va très bien. On l’entend peut-être pas beaucoup à la radio, mais son nom circule beaucoup», a-t-il commenté.

Or, il y a aussi un aspect éphémère à ce genre de concours puisque l’émission est diffusée pendant quelques mois par année. Seulement certains noms ressortiront du lot. Il faut dire que depuis cinq ans, un grand nombre de chanteurs ont défilé sur le plateau de La Voix. Quand une saison est terminée, l’éclairage s’éteint rapidement dans certains cas.

«Pour un réseau comme TVA, ça devient une vache à lait, mais pour l’artiste qui est là, il y a le danger d’être vite oublié. Mais ça suit quand même l’espèce de logique de l’industrie. Il y a plein de gens qui vont lancer des disques, dont plusieurs qui vont rester dans la valise du char», a poursuivi l’animateur qui considère qu’il est difficile de juger l’impact à long terme puisque l’émission n’existe que depuis cinq ans.

Parmi les Acadiens qui sont passés par La Voix en quatre saisons, Pierre Landry retient surtout le nom de Travis Cormier. À la suite de son passage à l’émission, le nouveau protégé d’Éric Lapointe a été invité à plusieurs festivals. Il faudra maintenant voir son parcours à long terme.

«Vu que Travis Cormier n’a pas encore officiellement d’album (un lancement est prévu à l’automne), c’est plus tranquille maintenant. Premièrement, il faut qu’il enregistre son disque et ça prend une mise en marché. Est-ce que La Voix est une formule magique? Je pense que la réponse est non. On ne peut pas nécessairement croire, que parce qu’un artiste est passé par La Voix ou peu importe le concours que le succès sera nécessairement garanti. On a vu des exemples dans le passé de gens qui sont passés par Star Académie qui ont fini par lancer un album et ça n’a pas continué. On ne peut pas tous être des Marie-Mai», a conclu l’animateur.