Moncton: quand l’art soulage les traumatismes des Syriennes

Un projet d’art-thérapie aide les réfugiées syriennes à soigner leurs blessures psychologiques et à surmonter l’isolement.

Depuis deux semaines, l’artiste Dominik Robichaud dirige des ateliers artistiques destinés aux femmes venus de Syrie.

Ces sessions sont l’occasion pour elles de parler de leur parcours et de leurs histoires. Lors de la première rencontre, les participantes ont été invitées à se décrire et à partager leur passion.

«On voulait qu’elles se sentent à l’aise, en sécurité et qu’elles puissent s’exprimer à travers l’oeuvre d’art. Le thème central du projet sera la migration que ces femmes ont vécue et l’oiseau sera une forme d’autoportrait», explique Dominik Robichaud, qui suit actuellement une formation à l’Institut d’art thérapeutique de Toronto.

L’idée est de pouvoir partager les émotions difficiles en se servant de symboles plutôt que de mots.

Les plumes représenteront tout ce que les femmes souhaitent laisser derrière elles, en Syrie: la peur, la guerre, l’insécurité. Le nid fera écho au Canada, la nouvelle famille dans laquelle elles veulent se faire une place, tandis que les oeufs symboliseront leurs rêves, à leurs espoirs d’avenir.

Le projet est né d’une collaboration entre la direction du CAFI (Centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est) et les bénévoles du SWESDI (Syrian woman’s economic & Social development Initiative).

La première initiative du SWESDI avait permis aux réfugiées syriennes de cuisiner et de vendre leurs spécialités culinaires aux marchés de Moncton et Dieppe.

Bénévole de la première heure, Veronica Carpenter précise que le désir de se lancer dans un projet artistique était présent chez de nombreuses de Syriennes.

«En hiver, beaucoup de femmes syriennes ne sortent pas, constate-t-elle. Certaines sont atteintes du syndrome de stress post-traumatique. C’est important de rencontrer du monde pour prévenir l’isolement et la dépression. Quand elles viennent ici, elles rient, elles se parlent, elles apprennent des mots.»

Son amie Sophie Robichaud ajoute que ce sont aussi des moments de rencontre avec des citoyennes canadiennes.

«C’est une activité d’inclusion, dit-elle. Elles viennent socialiser avec les femmes canadiennes, ça leur donne une activité pour sortir.»

Leur projet sera exposé au Centre culturel Aberdeen à partir du début d’avril.