Une Ballerina modélisée par une Acadienne de Tracadie

Après avoir étudié dans la Péninsule, une Acadienne se démarque dans l’industrie des arts numériques à Montréal.

Pendant le congé de mars, Izella et Cyrille Comeau sont allés au cinéma. Ce couple de Tracadie a vu le film d’animation franco-canadien Ballerina, l’histoire d’une orpheline qui rêve de devenir danseuse étoile à l’Opéra de Paris, au 19e siècle.

«Ça défend de belles valeurs. J’ai trouvé ça parfait», commente Izella, tout en reconnaissant son manque d’objectivité.

Contrairement aux autres spectateurs, les Comeau avaient une attente particulière en découvrant ce film. Leur fille, Véronique, a contribué à sa réalisation. Deux ans durant, elle a conçu sur ordinateur la modélisation en 3D de certains personnages, dont Félicie, l’héroïne.

Originaire de Tracadie, Véronique Comeau a participé à la conception du dessin animé Ballerina. – Gracieuseté

«J’avais aussi pour mission de créer des sculptures en 3D des personnages pour qu’ils soient validés par les producteurs et l’équipe technique», mentionne la jeune femme.

C’est un de ses anciens professeurs au Centre Nad, l’école des arts numériques, de l’animation et du design à Montréal, qui l’a recrutée.

Avec ce contrat, Véronique Comeau a concrétisé une de ses ambitions professionnelles, celle de travailler dans l’industrie du film d’animation. Mieux, cette expérience a lancé sa carrière.

– Gracieuseté

«C’est une chance. Ça m’a permis de rencontrer beaucoup de monde du milieu.»

Depuis, elle a enchaîné les projets. Elle a œuvré à la création d’un dessin animé canado-norvégien racontant les aventures de trolls.

Elle a aussi participé à la conception des décors vidéo du spectacle du Cirque du Soleil, Toruk, inspiré du film de James Cameron, Avatar, actuellement en tournée aux États-Unis.

Il y a un an et demi, Véronique Comeau a intégré la compagnie Ubisoft. Le développement de jeux vidéo est un autre domaine dans lequel elle peut exercer ses talents. Cela ne l’empêche pas de mûrir ses projets personnels.

L’ancienne élève de la polyvalente de Tracadie aimerait bien réaliser un film. Il prend forme: elle a déjà écrit l’histoire et dessiné quelques personnages.

«Je m’oriente vers un court-métrage pour commencer. Ça me permettrait de le présenter dans les festivals. Je n’en suis qu’au début. Je suis loin d’avoir fini.»

Revenir s’installer dans la Péninsule acadienne et y ouvrir un studio d’animation est une autre envie qui lui tient à cœur. Elle se donne «un ou deux ans» pour y arriver.

«Ça va être difficile, mais c’est faisable», confie-t-elle.

De retour dans son coin de pays, elle se verrait bien transmettre sa passion. Pourquoi pas en tant qu’enseignante au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (le CCNB) où elle a étudié?

L’avenir n’est qu’un champ de possibles.

Quand le bonheur prime sur le reste

Quand un jeune annonce son intention de faire carrière dans les arts, certains parents redoutent le pire. Pour eux, cela signifie vivre dans la précarité et l’incertitude.

«C’est sûr que notre priorité en tant que parent c’est que nos enfants trouvent un emploi qui leur permette de vivre à leurs aises», admet Izella Comeau, la mère de Véronique.

Très jeune, celle-ci a développé une passion pour le cinéma et le dessin.

«Les Walt Disney ont marqué mon enfance. Je reste une inconditionnelle de Bambi, Dumbo, Pinocchio et Cendrillon», se souvient-elle.

Izella et son mari l’ont poussée dans cette voie.

«On voulait avant tout qu’elle s’épanouisse dans ce qu’elle aime parce qu’on savait que c’était ce qui la rendrait heureuse.»

Chez les Comeau, la fibre artistique se conjugue au pluriel. La sœur de Véronique est ébéniste à Sept-Îles, au Québec.

«La création et le travail du bois est ce qui lui plaisait le plus», précise la maman pour qui le bonheur de ses filles prime sur le reste.