Percussions: première néo-brunswickoise de deux œuvres phares du XXe siècle (Vidéo)

Pour leur concert annuel, les ensembles de percussion de l’Université de Moncton et de l’Université Mount Allison unissent leurs forces afin d’offrir en primeur deux œuvres marquantes de la musique contemporaine.

À la veille de la première, une certaine fébrilité régnait sur la scène de la salle Jeanne-de-Valois à l’Université de Moncton où trône un arsenal d’instruments. Les 13 percussionnistes et leurs professeurs Michel Deschênes (Université de Moncton) et Joël Cormier (Université Mount Allison) répètent les deux œuvres au programme depuis plusieurs mois. Elles seront jouées pour la première fois au Nouveau-Brunswick. Drumming de Steve Reich et Ionisation d’Edgar Varèse figurent parmi les œuvres phares du dernier siècle. Ionisation a été composée en 1931.

«C’est la première œuvre qui a été écrite pour ensemble de percussion qui met en valeur tous les instruments de percussion, dont certains assez inusités comme des enclumes, des sirènes et beaucoup d’instruments à tonalité non déterminée. Il y a du piano qui est utilisé comme un instrument de percussion. Cette œuvre a influencé beaucoup d’autres compositeurs par la suite comme John Cage, Frank Zappa et Richard Gibson, un admirateur de Varèse», a déclaré Michel Deschênes.

Celui-ci souligne que ces deux œuvres complexes exigent beaucoup de travail. Complétée en 1971, Drumming de Steve Reich est la pièce maîtresse du récital. Elle est considérée comme étant le premier chef-d’œuvre du minimalisme musical, un courant aussi appelé musique répétitive.

«Le compositeur a créé une œuvre qui dure une heure sur la même pulsation dans la même tonalité, mais en raison des changements de couleur entre les mouvements, ça garde l’intérêt du public», a poursuivi Michel Deschênes.

Il précise que cette pièce construite un peu comme un château de cartes intègre le procédé du déphasage (phasing), inventé par Steve Reich, lié au courant minimaliste. L’étudiante en percussion, Nokomi Ouellet, qui a appris ce nouveau procédé admet qu’il s’agit d’un grand défi.

«Ce sont des pièces techniques et on doit vraiment travailler ensemble pour être à l’unisson. Dans la pièce de Varèse, il y a beaucoup de quintolets», a indiqué celle qui se passionne pour les percussions depuis l’âge de 8 ans.

Elle a commencé par la batterie pour ensuite se tourner vers la musique classique et se familiariser avec la diversité des instruments de percussion. C’est avec l’Orchestre philharmonique du Haut-Saint-Jean à Edmundston qu’elle a eu la piqûre pour la musique classique. Les étudiants Martin Daigle et Christian Cormier estiment que ce concert est surtout exigeant sur le plan mental. L’interprétation des pièces nécessite beaucoup de concentration.

«C’est très différent des autres années. Ce sont deux œuvres très sérieuses, mais qui sont connues partout sur la planète. Ce n’est pas juste pour les gens qui aiment les percussions, mais pour tous ceux qui aiment la musique contemporaine. Les amateurs de Steve Reich vont vraiment adorer ça. C’est important de présenter des œuvres qui n’ont jamais été jouées et parfois très sérieuses qui vont faire évoluer le public. Ça leur permet d’entendre des choses qu’on n’entend pas souvent», a ajouté le professeur.

Les musiciens joueront plus de 30 instruments allant de la caisse claire au marimba, en passant par la sirène, les castagnettes, les gongs, les cloches tubulaires, les cymbales orchestrales, les grelots et les bois chinois.

Les spectacles sont présentés samedi à 19h à la salle Jeanne-de-Valois à Moncton et dimanche à 15h à l’amphithéâtre Brunton de l’Université Mount Allison à Sackville.