La pièce «Les petits dérangements» explore la peur de l’autre

Qu’on soit originaire de l’Algérie, de Côte d’Ivoire, du Congo ou de la Péninsule acadienne, l’inconnu fait toujours peur. Ce thème universel est omniprésent dans le spectacle Les petits dérangements, qui sera présenté ce week-end à la Boîte théâtre de Caraquet.

Dans la pièce, on suit le parcours des sept personnages, tous issus de différents milieux, de différentes régions et à différentes étapes de leurs vies. Le scénario est basé sur des expériences vécues par les sept comédiens, originaires d’un peu partout dans le monde. La mise en scène a été assurée par la comédienne Claire Normand.

Le projet a été lancé à l’automne 2016 par le Comité d’accueil, d’intégration et d’établissement des nouveaux arrivants de la Péninsule acadienne (CAIENA). L’objectif était de rassembler des nouveaux arrivants et des gens de la Péninsule acadienne pour créer un spectacle intergénérationnel et interculturel.

Tarik Zaïr, originaire de l’Algérie, n’avait jamais fait du théâtre auparavant. Il est heureux d’avoir pu participer à ce projet. – Acadie Nouvelle: David Caron

Tarik Zaïr, originaire de l’Algérie, n’avait jamais fait du théâtre. L’homme âgé de 26 ans est arrivé dans la province il y a quelques années pour étudier au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, à Bathurst, en réseautique et sécurité informatique. Pendant ses études, il a effectué un stage chez Kalko Technologie, une entreprise locale où il a par la suite décroché un emploi permanent.

«J’ai été approché par Agathe Robichaud, la directrice du CAIENA. Elle nous a proposé ce projet pour rencontrer plus de gens, de faire connaissance avec des Canadiens et de voir nos différences et similitudes. C’est ça qui m’a initialement amené à faire du théâtre. Mais au début, je ne savais pas que nous allions présenter la pièce devant le public. C’était vraiment une première pour moi», raconte M. Zaïr.

L’Algérien ne regrette pas sa décision même si le théâtre est beaucoup plus difficile qu’on ne le croit, dit-il.

«Ça m’a ouvert les yeux. Ce n’est pas un travail facile. Il y a beaucoup de mise en scène. Il y a beaucoup de travail derrière ça.»

Manuella Cess, de la Côte d’Ivoire et Delpha LeBreton, de Rivière-du-Portage sont loin d’être des habituées de la scène, mais les deux jugent que l’expérience a été très enrichissante.

«Pour moi, ç’a été une très belle expérience. Les expériences vécues de chacun se trouvent dans la pièce. C’est vraiment notre histoire. Ça nous a permis de mieux connaître les autres», confie Delpha LeBreton, âgée de 71 ans.

«Même si on ne présentait pas la pièce, nous avons atteint notre objectif parce que nous avons réussi à créer de beaux liens.»

Manuella Cess est arrivée dans la Péninsule acadienne durant l’hiver 2015 pour s’inscrire au baccalauréat en développement durable et zone côtière offert à l’Université de Moncton, campus de Shippagan.

«Ç’a été une belle expérience parce que je suis nouvelle. Ça m’a permis de prendre conscience des expériences des autres. C’était très intéressant.»

Les petits dérangements sera présenté le 18 mars à 19h30 et le 19 mars à 14h30 à la Boîte théâtre de Caraquet. Les billets sont en vente au coût de 10$ aux Librairies Pélagie de Shippagan et de Caraquet ainsi que la Librairie Le Bouquin de Tracadie.