Le cinéma acadien sera représenté à Cannes

Deux courts métrages produits au Festival international du cinéma francophone en Acadie seront à l’affiche du Marché du film de Cannes en mai.

Les films Exténué de Chris Roy et Nick Staples et Le fils du Capitaine de John Jerome, Albénie Delacôte et Emmanuelle Landry ont été sélectionnés par Téléfilm Canada dans le cadre du volet Talent tout court. Ils représenteront l’Acadie au prochain Marché du film du Festival de Cannes où ils seront projetés.

«Quand tu fais des films, c’est toujours un peu le rêve ultime d’aller à Cannes. Nous avions soumis notre film, mais sans trop d’attentes. J’étais vraiment surprise et super contente quand j’ai eu la nouvelle», a exprimé Emmanuelle Landry qui compte bien se rendre à Cannes.

Des 24 courts métrages canadiens sélectionnés par l’agence canadienne, deux de ces films sont de l’Acadie.

«C’est assez exceptionnel. Depuis 2011, il y a eu un court métrage acadien presque toutes les années. Qu’il y en ait deux, c’est assez surprenant», a déclaré le directeur général du FICFA, Marc Gauthier.

Ces deux œuvres de fiction ont été réalisées dans le cadre de l’événement Objectifs obliques avec un budget de 500$, dans un temps limité et d’après un thème tiré au sort.

La commissaire du volet des arts médiatiques du FICFA, Angèle Cormier, estime que cette nouvelle démontre l’importance des projets de création au festival. Ces opportunités contribueront certainement au rayonnement des cinéastes émergents de l’Acadie.

«C’est sûr qu’on est fier. Ça vient toujours comme une petite surprise. Ce sont des films de qualité dans tous les sens. L’expérience des gens à travers les années a évolué et toutes les équations dont on a besoin pour réaliser de bons films sont là, sauf le budget. Avec 500$, ça ne va pas loin. Souvent, les réalisateurs mettent un peu d’argent de leur poche pour que le film puisse se faire. Ça devient des projets de passion», a commenté Angèle Cormier.

Objectifs obliques propose souvent des œuvres audacieuses et originales, avec un côté loufoque, comme en témoigne les deux courtes fictions choisies. Emmanuelle Landry a confié que Le Fils du Capitaine est une œuvre qui la touche particulièrement.

Cette œuvre tournée à Sackville raconte l’histoire d’une jeune femme qui découvre l’univers de son père après son décès. Pour Pierre Blanchard alias Albenie Delacôte, ce sera un deuxième séjour à Cannes. Il y était allé avec son film Jimmy.

Marc Gauthier souligne que le marché du film rassemble des gens de l’industrie cinématographique de partout dans le monde.

«Le marché du film fait partie intégrante du Festival de Cannes. Quand on reçoit notre guide, cela comprend toutes les projections au palais et au marché, incluant les projections de Talent tout court. Ce n’est pas tous les films qui sont projetés en salle, alors Téléfilm Canada donne une valeur rajoutée en les projetant parce que ça permet d’en faire un événement où les invités peuvent venir voir ces films-là. Habituellement, c’est toujours salle comble chaque fois», a expliqué Marc Gauthier qui se rend au Festival de Cannes avec la directrice de la programmation, Marie-Renée Duguay.

Il précise que le Marché du film permet aux programmateurs de festival de bâtir leur programmation.

«C’est vraiment un outil indispensable pour les programmateurs. Certains de nos films qui ont été projetés dans le passé, comme Jimmy, avaient circulé par la suite», a indiqué Marc Gauthier.

Les cinq réalisateurs souhaitent être présents à Cannes afin de représenter le cinéma acadien sur la Croisette. Les organisateurs du FICFA les aideront à trouver le financement nécessaire pour le voyage. Le Festival de Cannes se déroulera du 17 au 28 mai. Les deux courts métrages acadiens seront présentés entre le 21 et le 23 mai.