Le siège: un suspense sociopolitique avec une distribution fortement acadienne

Le tournage de la nouvelle série dramatique Le siège, qui mettra en vedette environ 25 acteurs de l’Acadie, débutera le 20 avril. Denise Bouchard, Diane Losier, Raphaël Butler, Christian Essiambre et Marc Lamontagne côtoieront les comédiens québécois Alexandre Goyette et Gilles Renaud dans ce thriller sociopolitique.

Les producteurs de l’Acadie et du Québec ont dévoilé, mardi, les détails de cette série dramatique de six épisodes qui sera diffusée à Radio-Canada. Denise Bouchard qui en est à son troisième rôle dans une série produite par Phare-Est Média (Belle-Baie, Le Clan), incarnera cette fois une négociatrice en chef de la police nationale.

«C’est encore extraordinaire de retravailler avec Jim Donovan (réalisateur) qui est un amoureux de l’Acadie, du cinéma et des acteurs d’ici. Dans cette production-là, les téléspectateurs vont découvrir énormément des gens d’ici. La distribution acadienne est incroyable», a déclaré Denise Bouchard.

Après avoir été à la barre du Clan, Jim Donovan qui avait adoré sa première expérience en Acadie avec Le Clan, tant sur le plan créatif que personnel, réalisera Le siège.

«Quand la nouvelle est venue qu’il y avait un autre projet, j’ai sauté dessus immédiatement parce que les deux années où j’ai passé à faire Le Clan ont été des sommets au niveau créatif et personnel. Il y a d’ailleurs beaucoup de gens de la même équipe qui sont là. Les Acadiens ont une soif du cinéma qui est claire quand on arrive ici et on voit qu’ils profitent de ces projets pour se ressourcer et se renouveler dans leur métier et leur passion», a-t-il affirmé.

D’après celui-ci, Le siège propose un univers et un propos qu’on ne voit pas souvent à la télévision. Cette série racontera l’histoire d’un groupe d’employés dans une usine de thermoformage de Cole Creek qui s’apprête à fermer ses portes, entraînant une perte de 1000 emplois dans une ville où il s’agit de la seule industrie. Cette fermeture pourrait vouloir dire du même coup la disparition de la ville. Une journée de protestation s’organisera, mais très vite, la situation dégénérera puisqu’une bande dirigée par Alexis Godin (Alexandre Goyette) profitera de la manifestation pour entrer dans les bureaux des dirigeants avec un sac rempli d’armes. L’histoire se transformera en prise d’otage. Au-delà des murs de l’usine, la négociatrice en chef de la police nationale, Chantal Trempe (Denise Bouchard) tentera de dénouer l’impasse et d’obtenir un dénouement pacifique. Elle estime que l’histoire de cette minisérie reflète une réalité qui touchera les gens du Nouveau-Brunswick.

«C’est un personnage qui m’intéresse beaucoup parce que c’est une couleur que je n’ai jamais explorée devant la caméra. Une couleur un peu plus technique, plus retenue dans une angoisse et une panique, mais il faut toujours que je sois en contrôle de moi. Lorsqu’on me l’a proposé, je suis tombée en amour avec ce personnage-là. C’est un rôle qui ne sera pas facile à jouer. Je vais être cloîtrée parce que la négociatrice est près de son téléphone et dans un bureau. Le seul lien avec les otages et les preneurs d’otage, c’est le téléphone», a expliqué Denise Bouchard, qui précise que la série sera probablement très intense.

«On pensait que Le clan était rock’n’roll. Celle-ci va être encore plus intense, mais sur le plan humain parce que chacun porte un drame.»

Cécile Chevrier souligne que la majorité des acteurs sont de l’Acadie. Elle cite aussi Marcel Romain Thériault, Lou Poirier, Matthew Williston et Karène Chiasson.

«Je suis très contente de reprendre une collaboration qui avait été fructueuse avec Attraction Images (Belle-Baie) et contente aussi d’avoir été en mesure de soutenir un talent émergent qui est vraiment époustouflant. Je suis très heureuse de voir qu’il y a une très large place qui est faite aux gens d’ici», a exprimé Mme Chevrier.

Le siège a été écrit par le jeune auteur Pierre Marc Drouin avec l’aide de Renée Blanchar et Johanne Larue comme conseillères à la scénarisation. Le tournage se déroulera du 20 avril au 13 juin.

Le défi de la production télévisuelle en français

Jim Donovan, qui œuvre en production télévisuelle tant du côté anglophone que francophone, souligne que produire en français représente un défi quotidien.

«Je me rends compte qu’en anglais, ils ont le double et le triple de l’argent qu’on a ici. Donc quand je le fais en français, je le fais parce que j’ai le goût de ce risque créatif. Ce qu’on échange en argent, on le récupère en créativité et en débrouillardise. Ça me rappelle un peu l’univers du cinéma indépendant. Il y a cette même débrouillardise et cette passion qui animent les cinéastes qui veulent à tout prix faire le film», a déclaré le réalisateur montréalais.

Cécile Chevrier souligne que le budget de la série Le Siège est moindre que celui du Clan qui avait alors un budget de plus de 5 millions $.

«C’est considérablement réduit et c’est un phénomène qui se passe à l’échelle de toute l’industrie francophone», a mentionné la productrice.

L’action de cette nouvelle série se déroulera principalement dans une usine, un peu à l’image d’un huis clos, fait remarquer le réalisateur.

«Au niveau de la réalisation, on a développé avec le directeur photo, la notion d’une prise de vue qui vous met un peu au centre de récit, qui met la caméra comme un personnage qui flotte, qui se promène d’une place à l’autre. (…) C’est comme si on pouvait vous transporter quasiment dans une réalité virtuelle», a ajouté Jim Donovan.

La série sera diffusée à la télévision de Radio-Canada durant la saison 2017-2018.