Exposition Trio: étonnante et provocante (Vidéo)

Présentée à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen à Moncton, l’exposition Trio propose de grandes installations de sculpture, de peinture, de photographie et d’estampes qui posent un regard critique sur certains enjeux sociaux.

Avec le début du printemps arrive la traditionnelle exposition des finissants en art visuel de l’Université de Moncton qui invite le public à découvrir de nouvelles figures en art visuel qui osent souvent sortir des sentiers battus. Cette année, ce sont trois finissantes, Paryse Daigle, Julie-Pier Drolet et Chloé Gagnon qui suggèrent de redécouvrir le monde à travers leur art, dans des approches diverses.

Que ce soit en peinture, en sculpture, en estampe ou encore en photographie, leurs œuvres interrogent des réalités sociales et humaines. L’environnement, l’enfance, l’imaginaire, le corps humain, l’exploitation des animaux et la maladie mentale figurent parmi les thèmes qu’elles ont abordés.

Certaines œuvres visent à susciter une réflexion et une émotion, tandis que d’autres cherchent à provoquer le spectateur. Ces trois artistes souhaitent résolument laisser un impact dans le public.

«J’utilise l’art comme une arme politique pour que le spectateur questionne son comportement en tant qu’humain. Je ressens le besoin de provoquer le spectateur», a déclaré Chloé Gagnon originaire de Hearst (en Ontario) qui présente trois grandes installations autour du corps humain.

Ses deux installations de sculpture invitent le spectateur à réfléchir sur l’exploitation des animaux, en plaçant l’être humain dans la position de l’animal. D’abord, il y a ces peaux humaines en latex tendues sur des cadres, un peu à la manière traditionnelle autochtone, rappelant comment les êtres humains utilisent les peaux animales. Ensuite, elle a réalisé un immense tapis de cheveux humains à l’image de ces fameuses peaux d’ourse qu’on place devant un foyer. Des colliers fabriqués avec des ongles flottent au-dessus de cette peau. L’artiste a réalisé également une série de cinq grands tableaux sur le corps humain qui combinent les os et la chair; une sorte de métaphore sur l’intimité, mentionne Chloé Gagnon.

Paryse Daigle, de Grand-Sault, a créé deux projets de sculpture et une collection d’estampes. Dans son immense installation sculpturale qui conjugue céramique, fils électriques, métaux et bocaux de verre, elle illustre la dépendance des gens à l’électricité.

Cette œuvre singulière rappelle qu’il est pratiquement impossible de vivre sans électricité aujourd’hui. Dans sa seconde sculpture composée d’un lit et d’une courtepointe en métal, elle se questionne sur les catégories sociales. Ses estampes traitent de l’enfance et de l’imaginaire.

Julie-Pier Friolet de Shippagan s’est attardée à la santé mentale en lien avec le vieillissement dans ses œuvres en photographie et en sculpture. Une de ses trois installations regroupe des œufs en céramique posés sur des tiges de métal. Dans ces formes ovales, il y a des brisures qui représentent les lésions du cerveau.

Dans une autre installation, elle a superposé des assiettes brisées qui symbolisent les frustrations à l’intérieur d’une maison et les tensions qui peuvent exister entre les gens atteints d’une maladie mentale et leur entourage.

«Dans tous mes projets, je parle des maladies mentales et des causes possibles. J’essaie de représenter la fragilité du cerveau et de l’humain en tant que tel. Je cherche plus à fournir un questionnement, à leur faire ressentir ce qu’eux ressentent et à faire réaliser certaines choses», a exprimé l’artiste qui ajoute que sa grand-mère atteinte de démence, ainsi qu’un cours de psychologie, l’ont poussée à aborder la santé mentale dans son travail.

Le vernissage de l’exposition Trio se déroule jeudi de 19h à 21h. Les œuvres seront en montre jusqu’au 14 mai.