Petit-Rocher inspire Mario Saint-Amand

L’acteur et chanteur Québécois, Mario Saint-Amand, s’inspire du village de Petit-Rocher pour l’écriture de son premier film. D’ailleurs, quoi de mieux que d’être sur place pour laisser les mots jaillir en même temps que les vagues frappent les rochers.

Depuis plus d’une dizaine de jours, celui qui a des origines à Grand-Sault, pioche sur le scénario de Coup de blues, le titre préliminaire de sa future production, dans un chalet sur le bord de l’eau à Petit-Rocher.

«L’histoire se passe à travers un personnage qui a quitté son village natal pour la grande ville. Il revient pour régler son passé, sans savoir ce qui l’attend. Et il y a des blues de la vie qui l’attendent», glisse Mario Saint-Amand.

Ce projet d’écriture cadre avec sa formation à l’Institut national de l’image et du son, à Montréal, qu’il a entrepris en septembre, avec pour tuteur le scénariste Marc Robitaille.

C’est grâce à une amie productrice, originaire de Kedgwick, qu’il a entendu parler de Petit-Rocher.

En fouillant, il a pris connaissance de l’histoire marquante du clan de motards surnommé les Dalton, qui régnait en maître dans le village vers la fin des années 1970. Jusqu’au jour où la population, excédée, a décidé de leur donner une leçon.

«Les citoyens se sont tenus debout. Ça a été déterminant pour créer mon premier film. Je suis partie de cet événement important, pour faire vivre des personnages autour d’une situation polémique qui contrarie les uns et satisfait les autres.»

Mario Saint-Amand – Acadie Nouvelle: Béatrice Seymour

Il se sent en terrain connu dans ce patelin côtier de près de 2000 habitants.

«Je suis né à Sept-Îles (au Québec), avec cette dimension de pêcheurs, des marées hautes et basses. Je n’ai pas l’impression d’être dans un spoutnik, en dehors de mes valeurs. Je suis chez moi au Nouveau-Brunswick, à l’intérieur duquel il est important que je prenne tranquillement pied, que je me fasse connaître et accepter. En ce moment, je n’ai pas l’impression d’être ailleurs que chez nous et les gens me le font bien sentir», exprime le chanteur-acteur qui logera à Petit-Rocher jusqu’au 16 avril.

Il sera de retour à Petit-Rocher un mois plus tard pour coucher sur papier les dialogues de Coup de blues. Saint-Amand a dans sa mire d’entreprendre le tournage dans le même coin, mais pas avant deux ans.

«Le village va faire partie intégrante du film. Ce sont avec des gens locaux et l’accent de l’Acadie que nous allons travailler. Il n’est pas question de faire autrement. Les acteurs, s’ils viennent du Québec, devront apprendre le franc-parler d’ici», soutient-il.

Mario Saint-Amand a obtenu un Gémeaux pour son rôle d’un sidéen, en 1994. Il s’est fait remarquer en incarnant à l’écran le légendaire rocker québécois Gerry Boulet, en 2011.

Depuis quatre ans, Saint-Amand tourne son spectacle tiré de ses albums hommage aux paroliers d’Offenbach.