La poésie d’Herménégilde Chiasson inspire Emma Haché

Avec sa nouvelle pièce inédite Battre le cœur, Emma Haché va à la rencontre du poème Béatitudes d’Herménégilde Chiasson. Elle cherche ainsi à prendre le pouls de l’humanité.

Pour la dramaturge de Lamèque, le théâtre constitue une nécessité collective. Elle rappelle que cette forme d’art existe depuis des millénaires.

«Si à un moment donné, on n’a plus de moyens d’avoir de télévision ou d’internet, il y aura encore le théâtre parce que c’est une nécessité. On a besoin de se raconter, de se voir et de se miroir-là. C’est comme une façon de trouver du sens ou de voir plus grand à travers le temps. Aujourd’hui, on lit encore le théâtre grec et on en apprend encore. Ça nous met en lien avec quelque chose qui nous dépasse», a exprimé la dramaturge qui participe au Festival à Haute Voix à Moncton.

Son texte Battre le cœur sera mis en lecture par Diane Richard et sept comédiens.

C’est la première fois que l’auteure assistera à une lecture intégrale de son œuvre qu’elle espère un jour porter à la scène. Curieuse et fébrile, elle mentionne que cette pièce créée pour une masse de comédiens comprend une vingtaine de tableaux qui mettent en lumière des moments d’humanité. Il y a, entre autres, la personne qui arrive toujours en retard, celle qui fait l’amour pour se protéger du froid ou encore celui qui s’excuse. C’est une histoire qui n’est pas racontée de façon traditionnelle, prévient l’auteure.

«Il y n’a pas de début, de milieu et de fin. Le metteur en scène peut changer l’ordre des tableaux. Mais la scène finale doit rester la scène finale. Je suis curieuse de voir comment ça va être ms en lecture. Ça va être une surprise et c’est excitant. Je fais confiance au travail des gens, sinon je ne ferais pas de théâtre. C’est un risque à prendre aussi», a mentionné la dramaturge qui estime que beaucoup de réponses se trouveront sur la scène.

L’auteure qui a déjà reçu le Prix littéraire du Gouverneur général adopte souvent une approche singulière pour écrire ses œuvres. Dans beaucoup cas, ce sont des faits divers qui déclenchent l’écriture. À d’autres moments, comme pour la pièce Trafiquée, elle a réalisé une véritable enquête journalistique. Cela dépend de chaque projet. Cette fois, c’est le poème Béatitudes d’Herménégilde Chiasson qui lui a donné l’élan créateur. Elle a été saisie par ce texte publié aux éditions Prise de Parole en 2012. Par la suite, d’autres inspirations sont venues nourrir le texte. Elle n’emprunte pas les mots de l’auteur acadien, mais elle y répond par la parole théâtrale en mettant en situation scénique des gestes et des personnages.

Emma Haché mène toujours plusieurs projets de front.

«Des fois, je me dis que je travaille sur un et je me repose sur l’autre (…). Même si je ne travaille pas toujours dessus, je suis toujours habitée par mes projets d’écriture. J’ai l’impression que parfois, c’est de plus en plus difficile. C’est peut-être parce que je doute plus ou que je suis plus exigeante. En même temps, j’ai plus de métier aussi», a ajouté celle qui écrit depuis 17 années.

Son texte Battre le cœur est présenté en ouverture du Festival à Haute Voix au théâtre l’Escaouette jeudi soir. Katherine Kilfoil, David Losier, Eric Thériault, Marc-André Charron, Stéphanie David, Solange Leblanc et Brigitte Gallant se partagent les rôles. Le texte de Jessika Aubé, La fille qui voulait tuer avec sa pinte de lait, est également à l’affiche du festival jeudi soir. Mis en lecture par Marc-André Charron, cette œuvre sera incarnée par Annik Landry, Jean-Sébastien Lévesque, Gabriel Robichaud et Ludger Beaulieu. Le tout débute à 18h30.