Amanda Dawn Christie invente un requiem pour radio (Vidéo)

Imaginez une œuvre musicale et visuelle créée à partir des vibrations des anciennes tours de radiodiffusion internationale du marais Tantramar. C’est ce que se propose de réaliser l’artiste Amanda Dawn Christie pendant le 12e Festival Re:Flux à Moncton.

Après son documentaire Ombres des ondes courtes primé au dernier Festival international du cinéma francophone en Acadie, l’artiste de Moncton se lance dans une performance interactive qui allie technologie, sculptures, électrons, corps humains et musiciens. Depuis deux semaines, elle s’est installée dans la Salle Bernard-Leblanc du Centre culturel Aberdeen à Moncton afin de réaliser cette performance audacieuse et unique en son genre. Elle a reconstitué à l’échelle un modèle du site des anciennes tours de Radio-Canada International, situé à la frontière du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.

«C’est le même nombre de tours, la même hauteur à l’échelle et l’emplacement est exact», a-t-elle déclaré.

L’artiste se sert des enregistrements réalisés avec des microphones à contact qu’elle avait installés sur les vraies tours avant qu’elles soient démantelées. Ces microphones transforment les vibrations en sons. Au lieu de créer une trame sonore d’un film, elle s’en sert maintenant comme instruments de musique. En touchant les tours, elles produisent des sons avec lesquels les artistes peuvent inventer des accords et des mélodies. Dans la salle, on retrouve, entre autres, les grandes sculptures en forme de tour, des circuits électroniques, un écran, un violoncelle, un thérémine, des lumières et 16 haut-parleurs.

«Faire un long métrage, ça prend beaucoup de temps et d’énergie. Alors pendant les périodes que je faisais le film, j’ai fait plusieurs autres projets qui ont découlé de ça. Des photos, des sculptures, des installations et cette performance. Après voir fait un documentaire très littéral, c’est une chance de faire une exploration abstraite, émotionnelle, surnaturelle et plus artistique sur le même sujet», a poursuivi Amanda Dawn Christie qui a offert une courte démonstration de la performance jeudi.

À partir du 1er mai, elle retournera dans la salle avec deux musiciens pour travailler à la création artistique. Le public peut s’attendre à des éléments complexes et surprenants.

C’est la deuxième fois que la direction du Centre culturel Aberdeen accompagne un artiste dans un projet de création dans la salle Bernard-Leblanc. La première fois, c’était avec Marie-Jo Thério, dans la production de son spectacle On a tous une Lydia Lee.

«Ce sont des univers totalement différents, mais quelque part, il y a de l’audace et c’est ça qu’on aime. Nous avons été séduits par l’originalité du projet. Les tours faisaient partie du paysage et lorsque les tours ont disparu, ç’a laissé un vide dans cet espace-là et je trouvais que c’était intéressant de maintenir vivant ce lieu», a affirmé le directeur général du Centre culturel Aberdeen, René Légère, qui convient que le projet n’est pas nécessairement évident à vulgariser et à comprendre à première vue.

Mais en voyant l’installation, on est vite fasciné par l’ampleur du projet de cette artiste au parcours singulier.

Intitulée Requiem pour la radio, cette série de performances sera diffusée simultanément sur trois stations de radio à Moncton, Montréal et New York. Le spectacle sera présenté les 26 et 27 mai à 20h. Par la suite, l’installation sera en montre jusqu’au 31 mai afin de permettre au public d’interagir avec les sculptures.

Les fréquences radio seront à l’honneur au Festival de musique et d’art sonore Re:Flux de la Galerie Sans Nom qui s’étendra du 26 mai au 4 juin. Dévoilée jeudi, la programmation propose de découvrir les œuvres et de nouvelles expériences sonores d’une dizaine d’artistes. On peut consulter la programmation complète au sur le site web du festival.