Membre du groupe Acadie Média|Dimanche 21 septembre 2014
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«Pâques, ma joie!» (1) 

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Si la neige a rendu les déplacements difficiles dimanche dernier, en revanche, elle a permis de symboliser à merveille la fête pascale. Pâques, c’est la fête de la nouvelle naissance. La fête de la purification à travers les eaux du baptême. La fête de l’illumination et de la blancheur. Pâques vient recouvrir les imperfections de nos vies pour nous redonner la joie… comme la neige a recouvert tout ce qui pouvait traîner dans nos cours pour leur redonner une beauté sans pareille!

Du séder jusqu’au repas dominical, tout le triduum pascal m’a permis de goûter à la joie de Pâques. Je voudrais partager les sources de cette joie. La joie est peut-être ce que l’Église a de mieux à offrir pendant le temps de Pâques. C’est sûrement ce qu’elle doit s’efforcer de vivre en dépit des contrariétés du monde et des incohérences en son sein même.
Auprès de ceux que j’aime, je cherche à être un serviteur de la joie, davantage qu’un régent de la foi (2 Col.1, 24). Je ne peux pas donner la joie (ce serait prétentieux de vouloir le faire), mais je peux apporter ma contribution pour aider la joie des autres.
En réfléchissant à la joie, il y a une question qui surgit rapidement: comment vivre dans la joie alors qu’il y tant de raisons de désespérer?
Pour certaines personnes, les seules joies qui sont possibles sont celles bien réelles et concrètes qu’on expérimente par les sens. On pense alors à la joie des retrouvailles, à la joie d’un bon repas, à la joie d’une découverte, ou à la joie au terme d’un effort intense.
Ces joies terrestres sont effectivement grandes et bonnes. Elles relèvent de plaisirs esthétiques, intellectuels ou affectifs qui, malheureusement, ne durent pas toujours: c’est une sorte de mousse qui monte à la surface, mais qui se dissipe tôt ou tard.

Aux sources de la joie
La joie de Pâques est différente. Elle nous prend tout entier: ce n’est pas seulement un aspect de notre vie (nos sens ou notre intellect) qui est élevé, mais tout apparaît alors avec une couleur et une musique différentes. Quelles sont les caractéristiques de cette joie?
D’abord, la joie se nourrit à la prise de conscience de ce que nous avons reçu et recevons chaque jour. Dans la Bible, les psaumes d’Action de grâce sont toujours une méditation de ce que Dieu a fait dans le passé. Le souvenir des événements du passé n’est pas là pour nous retenir dans une certaine nostalgie des jours d’autrefois. Au contraire: ils viennent nous rappeler que les miséricordes manifestées dans le passé se renouvellent.
Un autre élément essentiel à notre joie est la confiance. Celle qui est absolue et inconditionnelle. Celle qui nous assure que peu importe ce que nous vivons, rien ne peut nous séparer de l’Amour. Ainsi, même malade, rejeté, accablé par une rupture ou un mal de vivre, la joie peut continuer à jaillir de cette source divine qui coule en soi et irrigue toute la vie.
En forant profondément en soi, la joie jaillit comme une source. Cette joie ne s’acquiert pas, elle se reçoit. Elle n’a rien d’extérieur, elle est une disposition du cœur. Elle n’arrive pas au terme de nos efforts.
Trop souvent, on méconnaît la joie qu’il y a en Dieu parce qu’on fait de Lui un juge ou un être impassible. Évidemment, là il n’y a pas de place pour la joie. Il est d’abord un Vivant, avec un cœur qui bat de désir, de compassion, de joie pour nous.

Quelques événements de la semaine
Lu le livre Serviteurs de la joie du cardinal Kasper. Pour lui, la vie du prêtre et le service sacerdotal doivent aider à la joie du monde. Pour moi, la célébration des fêtes pascales avec les communautés qui me sont confiées est une occasion de rendre compte de ma joie et de la montrer.
Baptisé Philippe, Madisson et Noah, à l’occasion de Pâques. La blancheur de leur robe de baptême rivalisait avec l’éclat de la neige. Tout cela pour signifier la pureté d’un cœur uni à l’Éternel qui nous «lave plus blanc que neige» (Ps. 50).
Reçu le témoignage d’une personne en deuil. Elle disait vivre un mélange de peine et de joie. Peine de savoir sa soeur partie, mais joie de l’avoir connue. Peine d’une vie qui s’achève, mais joie d’une vie éternelle. Même dans les épreuves, la joie est possible.
Célébré avec des amis après la cueillette de l’eau de Pâques. En marchant jusqu’à la source, on se rend compte que les petits cours d’eau ont tout pour étancher la soif. Nous pouvons nous abreuver à des joies simples… pour notre bonheur!
Reçu à l’occasion de Pâques le livre La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption; Monument de la Reconnaissance de Robert Pichette. Sans même l’avoir terminé, j’en suis ravi: c’est une joie pour l’esprit de voir sortie des archives l’histoire de ce monument-phare dans notre culture… la joie est aussi pour les yeux et le cœur en face de la beauté du lieu mise en valeur par des photographies sublimes. Plus grande encore la joie de voir un intérêt renouvelé pour la recherche de solutions à la sauvegarde du monument.