Les étudiants ont besoin d’aide

Les droits de scolarité au Nouveau-Brunswick sont les plus élevés au Canada après l’Ontario. Comme vous l’avez sans doute lu dans l’édition de lundi du journal ou sur CapAcadie.com, en 2012 les droits au Nouveau-Brunswick sont en moyenne de 5853 $.
Après la réunion du Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton samedi, les étudiants ont appris qu’il y aura une « légère hausse des droits de scolarité cette année afin de boucler le budget ». La Fédération des étudiantes et étudiants de l’Université de Moncton (FEECUM) est déçue, avec raison.
Quand on examine les budgets du gouvernement provincial, il y a eu une diminution importante du programme d’aide financière aux étudiants.
Dans le budget pour l’année fiscale 2009-2010, le budget du programme d’aide financière aux étudiants représentait 52 millions. L’année suivante, en 2010-2011, il tombait à 44 millions, pour finalement être fixée à 37 millions au premier budget Higgs et remonter à 38 millions cette année. Le programme d’aide financière aux étudiants a donc subi une compression de 27% en quatre ans. Durant la même période, pourtant, le recouvrement des prêts a augmenté, passant de 16 millions à 19 millions, une augmentation de près de 19%.
Sur le plan du financement aux universités, en 2009-2010, la subvention s’établissait à 247 millions, progressant jusqu’à 262 millions cette année. En quatre ans, c’est une augmentation de 6%, principalement due à l’augmentation constatée dans le premier budget Higgs, l’an dernier : l’aide aux université passait de 248 millions en 2010-2011 à 261 millions l’an dernier. Cette augmentation d’un peu plus de 5% avait bien sûr plu aux universités. Mais cette année, l’augmentation d’un million de dollars constitue un tiers d’un pour cent…
Les étudiants sont inquiets parce qu’il ne semble pas y avoir d’amélioration à la situation difficile à laquelle ils sont confrontés, et qui avait pourtant été clairement exposée et bien documentée par la Commission sur l’enseignement postsecondaire au Nouveau-Brunswick.
Non seulement l’aide financière aux étudiants a subi une compression importante de son budget, mais l’an dernier le premier budget Higgs a réintégré les revenus des parents comme critère d’évaluation des besoins financiers des étudiants. Pour certains d’entre eux, cette mesure les coince : les revenus disponibles réels de leurs parents ne permettent pas nécessairement une aide substantielle et adéquate à leurs besoins.
Sur le plan de l’endettement étudiant, le programme de « prestation pour l’achèvement des études dans le délai prévu » peut aider les étudiants du premier cycle (baccalauréat) à limiter leur endettement à 26 mille dollars, la province assumant le solde de l’endettement. Mais encore faut-il qu’ils puissent se rendre au bout et obtenir leur diplôme, la principale condition de leur admissibilité à ce programme. Ce n’est pas pour rien que la Commission sur l’enseignement postsecondaire relevait la relative pauvreté au Nouveau-Brunswick comme un facteur important d’interruption des études postsecondaires : malgré leur intelligence et leur volonté de compléter des études, le manque de moyens financiers les obligent, fort malheureusement, à les abandonner.

C’est une chose de proclamer la volonté d’élargir l’accès de la jeunesse aux études postsecondaires pour en faire profiter le Nouveau-Brunswick. Pour réaliser l’objectif, il faut prendre des moyens concrets, des moyens que ne reconnaissent pas les étudiants, tout simplement parce qu’ils n’ont pas été mis en œuvre.