Apprendre à écouter

«Le plus difficile dans l’art du dialogue, ce n’est pas de parler, c’est d’apprendre à écouter» – Jean-Marie Petitclerc

La confrontation du 17 octobre entre la GRC et les manifestants de Rexton a reçu une attention internationale. Quoique le gaz de schiste soit au cœur du conflit, il ne faudrait pas croire qu’il en est le seul enjeu. Les peuples autochtones du Canada se plaignent depuis longtemps du manque de consultation sur des projets ayant un impact sur leurs terres. Et la Cour suprême du Canada leur a donné raison, y compris en ce qui concerne les territoires traditionnels à l’extérieur des réserves. La résistance autochtone et le brouhaha des derniers jours ne devraient donc pas nous surprendre.

Il en va de même pour les alliances formées avec des opposants acadiens et anglophones qui considèrent que leur voix antifracturation est amplifiée en s’unissant avec les premiers habitants de l’Amérique. Malheureusement pour eux, les actes d’intimidation et la violence viennent affaiblir leur cause aux yeux du public. La violence n’a pas sa place dans une démocratie, point final. La répression démesurée non plus d’ailleurs.

Comment donc se sortir de ce merdier?

Le gouvernement doit s’investir dans un dialogue réel plutôt qu’investir des ressources énormes dans la répression. Il doit apaiser la situation et se donner un peu de temps en négociant avec l’industrie une suspension volontaire de ses activités ou, si nécessaire, en imposant un répit. Il doit aussi mettre son Institut de l’énergie du Nouveau-Brunswick à l’œuvre afin qu’il produise des informations crédibles et indépendantes sur cette forme d’exploitation des ressources naturelles.

Les opposants doivent s’engager à la non-violence et se débarrasser des éléments criminels qui ont infiltré le mouvement. L’Assemblée des chefs doit s’impliquer plus intégralement dans un dossier qui dépasse largement les bornes et les territoires traditionnels de la Première Nation d’Elsipogtog. L’Alliance contre le gaz de schiste doit faire partie des discussions.

Les autres questions autochtones méritent une autre table tout à fait différente. Les mélanger avec celle de la fracturation hydraulique ne fait que rendre à peu près impossible l’atteinte d’une résolution acceptable à tous.

Enfin, les deux bords doivent promettre de s’écouter… ce qui sera le plus grand défi!