Balloune dégonflée

Annie Berthelot s’est retrouvée au coeur d’une petite tempête médiatique la semaine dernière.

Cette technologue en rayons X – originaire de la région de Bathurst et qui se dit bilingue – travaillait jusqu’à récemment au Moncton Hospital.

Dans un reportage publié dans nos pages, elle a raconté avoir été mise à pied en novembre après avoir échoué une évaluation de ses compétences en anglais à l’écrit… subie des mois après son embauche.

Tout porte à croire qu’elle est une victime du flou qui entoure les exigences en matière de compétences langagières dans la fonction publique.

Mine de rien, cette affaire vient dégonfler la balloune des francophobes qui militent contre le bilinguisme officiel et la dualité en éducation ainsi qu’en santé.

Depuis des années, ces gens tentent de rallier la population à leur cause en argumentant que les droits linguistiques donnent un énorme avantage aux francophones.

Ils dépeignent les membres de majorité anglophone comme des victimes et essaient de nous faire croire que jamais la carrière d’un Acadien n’a déraillé ou n’a été mise en veilleuse par cette prétendue conspiration qu’est le bilinguisme officiel.

Ce que vit Annie Berthelot ne cadre pas du tout avec le portrait qu’ils dressent de la réalité néo-brunswickoise et affaiblit considérablement les fondations sur lesquelles repose leur francophobie.

La donne change dès que l’on admet que le bilinguisme officiel a ses défauts, qu’il n’est pas un projet abouti et que les incohérences qui caractérisent sa mise en oeuvre affectent négativement des travailleurs anglophones ET francophones.

Dès que l’on reconnaît cela, la prochaine étape logique est de se dire que le bilinguisme officiel reste à parfaire, au lieu de s’entêter à croire qu’il mérite d’être jeté aux ordures comme un mouchoir souillé qui traîne dans une poche depuis trop longtemps.

Lorsqu’on en arrive à cette conclusion, on peut difficilement continuer à se servir des droits linguistiques comme excuse pour varger sur la minorité acadienne et pour creuser le fossé qui divise les francophones et les anglophones.