Baseball: il est permis de rêver…

Est-ce qu’on peut se donner la permission de rêver un peu?

Surtout avec la Classique mondiale de baseball, qui nous offre tout un spectacle depuis une semaine.

Dans cet élan d’enthousiasme pour le sport national de nos voisins du Sud,

est-il complètement farfelu de penser que Moncton pourrait accueillir une équipe professionnelle de niveau A ou même AA?

Et quelle serait la réaction des gens s’il s’agissait d’une équipe associée aux Blue Jays de Toronto ou aux Red Sox de Boston, les deux formations les plus populaires dans la région?

On entend déjà les arguments des pessimistes s’élever.

Ça ne serait pas rentable. Ça coûterait trop cher. Il n’y aurait pas assez d’amateurs de baseball. Le stade est trop petit. Il n’y aurait pas assez de population dans la région, et quoi encore.

Ce pessimisme, c’est de la bouillie pour les chats.

Parlons d’abord de la population.

Si on prend l’exemple des Blue Jays, on constate que leur équipe-école dans le A est basée à Lansing au Michigan, une ville de 113 972 habitants. L’autre équipe affiliée des Jays dans le A est à Dunedin, en Floride, un gros village de 35 690.

Au recensement de 2016, la population du Grand Moncton s’établissait à 144 810,

Même scénario chez les Red Sox.

Leur équipe AA est située à Portland (Maine), une ville de 66 318 âmes. Les deux formations de niveau A sont établies à Salem (42 544) et à Greenville (89 130).

Pas assez de population pour appuyer une équipe professionnelle à Moncton, dites-vous?

Les infrastructures sont inadéquates, croyez-vous?

Le parc Kiwanis est sans aucun doute le plus beau stade à l’est de la ville de Québec.

Et selon plusieurs joueurs américains qui ont évolué à Moncton avec les Fisher Cats au fil des ans, il se compare avantageusement aux parcs de la Nouvelle-Angleterre.

Il peut facilement accueillir plus de 2500 personnes et, avec son avant-champ synthétique, il est très prisé par les joueurs.

Oui, mais Moncton n’a pas l’expertise pour gérer une équipe professionnelle, affirment certains.

Avec l’expérience des Miracles au basketball, on retrouve maintenant plein de gens à Moncton qui ont une solide expérience de la gestion quotidienne d’une équipe professionnelle.

Il serait extrêmement facile d’appliquer ces connaissances et ce modèle à une équipe de baseball.

Les compétences, on les retrouve aussi dans l’abri des joueurs puisque plusieurs entraîneurs d’expérience ont favorisé l’éclosion de beaux talents dans la province depuis de nombreuses années. Mentionnons seulement Pat Tardif, Ernie MacKinnon, Gerry LeBlanc, Scott McWilliam, Mike Donahoe ou Greg Hickox, pour n’en nommer que quelques-uns.

Il faut aussi remarquer que le baseball est en pleine expansion dans le Sud-Est.

Dieppe doit même refuser des inscriptions chaque année parce qu’elle manque de terrains et d’équipes pour accueillir tout le monde.

Et si vous croyez que les commanditaires ne sont pas assez nombreux pour faire vivre une équipe professionnelle, allez seulement faire un tour au parc Kiwanis et regarder tous les panneaux publicitaires qui ornent les clôtures.

Imaginez un seul instant des gros noms comme Dustin Pedroia ou Jose Bautista débarquer à Moncton pour une semaine ou deux de réhabilitation après une blessure!

Imaginez le gros cogneur des Jays expédier des balles sur le toit des résidences de l’autre côté de la petite rue Brady.

Oui, il est permis de rêver…