Plus cool en anglais?

En tant que personne intrinsèquement curieuse et nerd qui a comme principal fantasme de tout savoir sur tous les sujets, je suis perpétuellement en mode détective. Ma dernière enquête s’inscrit dans ma quête plus vaste pour saisir l’essence de l’Acadie de Moncton.

C’est quoi le deal avec tous les groupes qui font d’la musique juste en anglais?

Avertissement aux personnes sensibles et susceptibles: faites l’art que vous voulez, comme vous le voulez! Je ne vous juge pas, je veux juste comprendre.

Je suis fascinée par ces spectacles où les musiciens sont francophones, la foule est francophone, mais où toutes les paroles des chansons sont en anglais. C’est normal qu’on s’exprime dans la langue dans laquelle on consomme le plus de culture, mais je demeure surprise par l’absence ferme de français chez certains.

Mon hypothèse tourne autour du fait qu’on a des rapports aussi émotifs que compliqués avec la langue française et qu’un manque de confiance et de confort nous empêche d’oser jouer avec elle. Est-ce qu’on attend une permission quelconque avant de pouvoir jouer avec le français? Se sent-on assez habiles avec cette langue pour mériter cette permission? Est-ce qu’on se sent simplement plus cools en anglais?

S’il s’avère qu’on n’est pas assez à l’aise avec notre langue pour l’utiliser afin d’exprimer les émotions qu’on veut partager et qu’on est incapables de le faire dans un style qui concorde avec nos esthétiques artistiques personnelles, j’ai quelque chose à proposer.

Faisons de nos poètes et de nos écrivains des paroliers, métier trop peu fréquent en Acadie. Les musiciens pourraient alors parfois jouer dans leur propre langue et les écrivains auraient alors la musique pour distribuer leurs mots malgré l’analphabétisme. Il y aurait sûrement des trésors à créer collectivement.

Je lance donc un défi à tous les musiciens qui font partie d’un groupe qui chante en anglais et qui lisent ces mots: Je vous dare officiellement d’écrire votre première chanson en français ou de trouver un écrivain pour le faire avec vous.

En fait, j’vous double-dare. Si vous le faites, je prends mon courage à deux mains et je publie quelque chose en anglais pour la première fois, ever.

The game is on.