Le vote préférentiel, une bonne chose?

La Commission sur la réforme électorale du Nouveau-Brunswick recommande d’abandonner notre scrutin majoritaire à un tour pour le vote préférentiel. Est-ce une bonne chose? Si le but du changement est de favoriser une plus grande présence des partis politiques à l’Assemblée législative et des femmes, la réponse est non.

Le scrutin préférentiel a pour effet habituellement de favoriser les partis qui sont les plus près au niveau des idées. Contrairement aux scrutins proportionnels, le vote préférentiel ne favorise pas l’élection de candidats des petits partis politiques.

Le plus grand reproche qui est fait à notre scrutin majoritaire à un tour est la possibilité pour un parti de remporter la majorité des sièges à l’Assemblée même s’il n’a pas obtenu une majorité absolue des votes. Si le scrutin préférentiel avait été en place lors des élections fédérales de 2015, le Parti libéral aurait eu une majorité encore plus forte au Parlement alors que 39.5% des électeurs avaient voté pour lui.

Ce n’est pas un hasard si les projets de réformes électorales des différentes commissions provinciales au Canada ont par le passé recommandé l’adoption de scrutins proportionnels ou mixtes. Ça été le cas au Nouveau-Brunswick en 2002. Les modes de scrutins à portée proportionnelle permettent une meilleure représentation des différents partis dans les assemblées de même que l’élection d’un plus grand nombre de femmes.

La très grande majorité des pays dans le monde utilise une variante du scrutin proportionnel. Lors de l’effondrement du mur de Berlin et de l’empire soviétique, tous les États qui ont rejoint les démocraties libérales ont opté pour la proportionnelle. Si le Nouveau-Brunswick veut moderniser son mode de scrutin, c’est de ce côté qu’il devrait regarder et non l’Australie avec son vote préférentiel!

À l’exception du Parti libéral, aucun des partis politiques de la province n’a intérêt à l’adoption du scrutin préférentiel. Lors de luttes serrées comme ça sera sans doute le cas aux élections de 2018, les candidats libéraux pourraient devancer leurs concurrents progressistes-conservateurs avec les deuxièmes préférences provenant des verts et des néodémocrates.