L’altruisme, ça vous dit quelque chose?

Une femme dans la mi-trentaine, une Parisienne d’origine marocaine, s’en vient visiter la Péninsule acadienne avec son fils, âgé d’une dizaine d’années.

Ils ont pris le train à Montréal avec leur bagage, qui inclut leur équipement de camping, en direction du Camping Colibri de Caraquet. La mère a choisi cet emplacement à cause de son nom. Elle a un faible pour la fable du colibri, qui ne rechigne pas à faire sa part même si elle est petite.

Sur le train, la dame engage la conversation, s’informe: il y a bien un autobus pour se rendre de Bathurst à Caraquet? Hélas, non…

La voyageuse auprès de qui la Parisienne-Marocaine prend des renseignements se rend justement à Caraquet elle aussi, mais pour y passer tout un mois, c’est-à-dire chargée de deux grosses valises. Sa sœur viendra la cueillir à la gare. Mais il n’y aura pas assez de place dans la petite Suzuki pour les deux grosses valises, deux autres personnes, leur bagage et l’équipement de camping.

Mais c’était mal connaître sa sœur. D’une chose à l’autre, à force de pousser et de tirer, tous les bagages trouvent place et les quatre quittent Bathurst pour Caraquet à bord de la petite Suzuki.

En cours de route, la sœur conductrice prend connaissance du projet de la mère et du fils de passer deux semaines en camping au Colibri. Cela lui paraît insensé: deux semaines, en vacances dans la Péninsule, au camping Colibri, sans voiture? Ne serait-ce que pour s’approvisionner, il faut une voiture, sans parler des distances à parcourir pour voir un peu de pays…

Que fera cette dame de Caraquet, pensez-vous?

Eh bien, elle prêtera la petite Suzuki aux visiteurs venus de France pour toute la durée de leur séjour. D’accord, elle prête ainsi la deuxième voiture de la maisonnée, mais quand même, il faut le faire!

Il est souvent question de l’accueil chaleureux et de la générosité des Acadiens à l’égard des visiteurs qui s’aventurent chez nous, mais ce geste, pour moi, c’est la cerise sur le sundae!