Réponse à Aleksis

Cette semaine – mercredi, pour être plus précis -, nous avons publié une lettre d’opinion qui m’a fait beaucoup réfléchir. Elle est signée par Aleksis Roy, une élève de 7e année de l’école Le Domaine étudiant de Petit-Rocher. Elle a constaté que dans la section des sports du journal, nous parlons davantage des hommes que des femmes. Voici ma réponse.

Cher Aleksis,

D’abord, je tiens à te remercier chaleureusement d’avoir pris la peine de nous envoyer ta lettre. C’est toujours un grand plaisir d’obtenir les commentaires de nos lecteurs, qu’ils soient positifs ou négatifs. Et de savoir qu’une jeune femme comme toi s’intéresse à ce que nous produisons tous les matins nous fait chaud au coeur, sois-en assurée.

Tu dis dans ta lettre qu’il y a beaucoup plus d’articles sur les hommes que sur les femmes et que tu trouves que c’est l’une des nombreuses injustices dans le domaine du sport.

Tu as raison.

Cependant, tu remarqueras que nous faisons de gros efforts afin de parler des femmes qui s’illustrent sur la scène sportive.

Durant tout l’hiver, nous avons régulièrement écrit sur les hauts et les bas de l’équipe de hockey des Aigles Bleues de l’Université de Moncton, tout comme nous l’avons fait avec la formation féminine de soccer universitaire.

Nous avons fait une place de choix aux sports féminins quand nous en avons eu l’occasion. Lundi, nous avons relaté les exploits d’Emmanuelle Boudreau en taekwondo, une championne canadienne. Mercredi, nous avions un excellent reportage sur Sara Miller et Stéphanie Doiron, deux anciennes athlètes universitaires à la découverte de nouveaux sports. Je pourrais en nommer plusieurs autres.

Quand je dis que tu as raison, c’est parce que nous accordons une large place dans nos pages aux sports masculins. Cela fait en sorte que même si nous parlons régulièrement des exploits féminins, ça paraît anecdotique en comparaison de notre couverture du hockey senior (masculin, évidemment) et du hockey professionnel (un autre monde composé essentiellement d’hommes), des sujets qui sont énormément lus.

Dans ta lettre, tu parles également de l’injustice des salaires dans le sport. Alors que les hommes peuvent vivre très aisément du jeu, les femmes peinent à s’assurer un revenu décent en pratiquant pourtant la même discipline.

Ton exemple est parfait: Christine Sinclair, qui s’est élevée au rang des meilleures joueuses de soccer au monde, gagne des miettes avec 50 000$ par année en comparaison de Michael Bradley, multimillionnaire de la MLS.

Tu connais certainement Kim Deschênes, cette jeune femme originaire de Saint-Quentin qui vient de remporter la coupe Clarkson, la coupe Stanley du hockey féminin, avec les Canadiennes de Montréal. Quarante-huit heures après ce triomphe, elle a dû se présenter à son travail d’agente immobilière. Alors qu’en juin, les hommes de la Ligue nationale de hockey soulèveront la coupe Stanley et empocheront un joli magot pour leur exploit.

Est-ce juste? Bien sûr que non. L’exploit de Kim n’a rien à envier à ce que les champions de la LNH vivront sous peu. Il devrait donc, en théorie, valoir la même chose financièrement.

Mais encore là, nous avons créé, en quelque sorte, cette injustice parce que nous avons longtemps pensé – à tort, bien entendu – que le sport professionnel était avant tout un monde d’hommes – pratiqué par des hommes, adulé par des hommes, payé par des hommes, lu par des hommes.

Cependant, la conclusion de ta lettre me laisse croire que des jours meilleurs s’en viennent pour le sport féminin.

Oui, la route est longue pour remonter jusqu’au soleil (ça ne vient pas de moi, c’est de Luc De Larochellière, un chanteur québécois). Effectivement, comme tu le dis, la société a fait d’énormes progrès vers l’égalité des femmes, mais nous n’y sommes pas encore là, malheureusement. Il suffit de regarder, par exemple, la représentation féminine en politique.

Dis-toi que les choses changent. Lentement, certes, mais elles changent.

Je sais aussi que ce sont des femmes comme toi qui vont changer les choses.

Bonne chance!

Hockey senior: chassez le naturel…

Après une saison particulièrement tranquille, voilà que le petit monde du hockey senior fait encore des siennes.

Dans le circuit Nord-Est, on se savait plus trop qui allait jouer contre qui en séries éliminatoires.

On a vu les Vikings du Restigouche-Nord abandonner après deux matchs éliminatoires.

Puis, à force de retarder tout ça et d’annuler des matchs (en séries, un non-sens), c’est à se demander si la finale ne sera pas disputée en septembre.

Ajoutez à cela que les deux équipes qualifiées pour la coupe Allan, le Au P’tit Mousse de Lamèque et les JC’s de Bouctouche, pourraient se retrouver en vacances un mois avant la tenue du prestigieux tournoi à Bouctouche.

Et là, c’est au tour du circuit Acadie-Chaleur. Une pluie de suspensions, des allégations d’avoir tenté d’acheter une victoire, une équipe qui ne sait même pas si elle aura assez de joueurs pour terminer sa série éliminatoire…

Tout ça est digne d’un mauvais roman-feuilleton.

Le nord-est de la province a-t-il encore ce qu’il faut pour présenter du hockey senior de qualité sans constamment tomber dans le scandale? Pense-t-on toujours au bien de la ligue avant le bien des équipes? Les deux circuits, même s’ils ne s’aiment pas, ne devraient-ils pas s’asseoir et chercher à travailler ensemble afin de corriger ces ennuis?

Le système actuel vit au-dessus des moyens financiers et humains des organisateurs et des communautés. Déjà, les Vikings ont fermé les livres dans la ligue Nord-Est et les Rameurs de la baie des Chaleurs en feront tout autant au terme des séries dans le circuit Acadie-Chaleur. Qui dit que d’autres équipes ne suivront pas dans les prochaines semaines?

Aux communautés qui songent à embarquer dans cette aventure, pensez-y comme il faut.

Aux dirigeants des deux ligues, posez-vous de sérieuses questions.