Les fiançailles de Brian Gallant

«Ô mon Dieu…ils jouent la carte familiale.» C’est la réaction que j’ai eue, en août 2014, lorsque j’ai vu pour la première fois l’autobus de campagne des progressistes-conservateurs.

À côté du visage géant de David Alward se trouvait celui de son épouse, Rhonda. Les époux, côte à côte, portaient des sourires rassurants. L’image était frappante et donnait le ton.

Au cours des semaines suivantes, les bleus n’ont raté aucune occasion de rappeler que le premier ministre sortant était non seulement un politicien, mais aussi un mari et un père.

Personne n’était dupe. Tout cela avait autant comme objectif d’aider les électeurs à voir David Alward autrement que de les amener à se poser des questions sur le chef libéral.

Pouvaient-ils réellement faire confiance à Brian Gallant, un jeune célibataire sans enfant? Avait-il une blonde? Un chum? À 32 ans, que savait-il de la vie? Était-il vraiment prêt à prendre le pouvoir?

Cela ne passait pas par-dessus la tête des libéraux, qui voyaient très bien ce que tentaient d’accomplir leurs adversaires.

Les choses ont changé depuis. Petit à petit, une nouvelle petite amie est entrée dans le portrait et a été présentée à la population.

Puis, la semaine dernière, le premier ministre nous a fait part de ses fiançailles à Karine Lavoie.

Loin de moi l’idée de questionner leur amour, mais cette annonce n’aurait pu mieux tomber, du moins politiquement parlant.

À moins de deux ans des prochaines élections, il vient de faire un sacré cadeau aux stratèges qui préparent la prochaine campagne.

Qu’on le veuille ou non, le Nouveau-Brunswick reste une province conservatrice qui tient toujours à des valeurs traditionnelles.

En 2018, Brian Gallant sera un «produit» pas mal plus facile à vendre aux électeurs qu’en 2014.

S’il fallait en plus que lui et sa douce accueillent un enfant au cours des prochains mois, ce serait carrément le gros lot pour les libéraux.

C’est tout à fait cynique de ma part, mais ce n’est pas moins vrai pour autant.