C’est la faute à internet

J’entends souvent les gens dire qu’ils sont en train de prendre une pause des médias sociaux, surtout de leur Facebook. La raison donnée tourne généralement autour du fait que les médias sociaux sont devenus des espaces négatifs, pleins de conflits et d’argumentation non constructive.

Ce point de vue s’inscrit dans une attitude critique commune au sujet des médias sociaux et, plus largement, d’internet. On attribue à internet à peu près toutes les faiblesses de notre société. C’est sa faute si nous sommes devenus superficiels, narcissiques et qu’au restaurant on s’assoit face à face pour regarder nos téléphones intelligents.

Pas satisfait des résultats électoraux? On lui attribue le contenu politique qui circule sur le web. Tanné d’être célibataire? On lui attribue le fait qu’avec des applications mobiles pour faire des rencontres, on a oublié comment faire de vraies connexions. Angoissé par la baisse de ventes dans l’industrie de la musique? On sait tous qui est le grand méchant loup.

Mais il me semble que ce qui est superficiel, c’est d’utiliser internet comme un bouc émissaire de tous les problèmes auxquels nous devons faire face. Nous avons accès à une somme d’information exponentiellement plus grande que les générations précédentes. Nous pouvons voir le reste de notre planète comme jamais auparavant. Nous pouvons contribuer comme nous le voulons à ce médium où il n’existe pas d’audition pour devenir une tête d’affiche. Nous pouvons rester connectés avec ceux qui sont loin de nous et abattre la distance à coup de pixels.

Un «j’aime», c’est de l’amour numérique. Il représente peut-être la quantité minimale d’amour que l’on peut transmettre à quelqu’un, mais un atome n’est pas moins important parce qu’il est petit. Les «amis» qu’on a sur nos comptes ne sont peut-être pas à nos côtés lorsqu’on est à quatre pattes dans la douche en pleine crise existentielle, mais on sourit pareil quand ils font des blagues qui sont dignes d’un bon «lol».

Internet est la pour rester. Allons au-delà de notre réflexe d’accusation et voyons plutôt comment il peut être le mortier de la société que nous construisons. Vivons pleinement notre époque, celle du «GIF».