Foncièrement bordélique

Non, mais quelle semaine! Embourbé dans l’épineux scandale des évaluations foncières, le gouvernement libéral a passé les derniers jours à courir après sa queue.

Le premier ministre Brian Gallant et le ministre responsable de Service NB, Ed Doherty, ont d’abord rencontré la presse lundi et ont essayé tant bien que mal de calmer la grogne.

Pendant d’interminables minutes, ils ont lu des déclarations. Le premier ministre a ensuite répondu à quelques questions avant qu’un relationniste saute dans la mêlée pour mettre un terme à la conférence.

Les nombreux journalistes qui s’étaient déplacés sont restés sur leur faim. Puis, au cours des jours suivants, le gouvernement s’est bien gardé de donner plus de détails. Des tas de questions sont restés en suspens.

Pendant ce temps, d’autres ministres ont pris le relais et ont fait une trâlée d’annonces recyclées ou vides de contenu. Ça sentait la tactique de diversion à plein nez.

Ça grouillait aussi en coulisses. Les responsables des communications se creusaient les méninges pour trouver des moyens d’attirer notre attention ailleurs, quitte à utiliser des tactiques louches.

Par exemple, la semaine dernière, une relationniste m’a contacté pour m’offrir une entrevue exclusive avec un ministre. Sans surprise, ce ministre n’était ni Ed Doherty, ni Brian Gallant.

Comme le sujet de l’entretien proposé n’était pas très intéressant et que moi et mes collègues étions déjà occupés ce jour-là, j’ai répondu poliment «merci, mais non merci».

Le lendemain, cette relationniste s’est tournée de bord et a offert le même entretien à l’un de mes collègues.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que cette fameuse entrevue «exclusive» ne l’était pas tant que ça, puisqu’elle a aussi été offerte à d’autres médias.

Les jours passent et le gouvernement libéral reste enfoncé dans les sables mouvants que sont devenues les évaluations foncières truquées.

Franchement, j’ignore quelle est la solution à ce casse-tête.

Mais je sais une chose; ce n’est surement pas en essayant de nous amadouer à coups d’exclusivités et en attirant l’attention loin de ce scandale qu’ils régleront leurs problèmes.