Face-à-face: Évaluations foncières: vers une crise de confiance?

BERNARD THÉRIAULT

En politique quand un problème persiste pour une deuxième semaine consécutive, on dit qu’il lui pousse des jambes.

C’est exactement ce qui se produit dans le dossier des évaluations foncières. Il est donc facile de comprendre pourquoi les conservateurs mettent le paquet et cassent des tonnes de sucre sur le dos des libéraux. Vous comprendrez que les bleus n’allaient nulle part avec un chef qui n’a fait que poser des questions sur l’immersion précoce en Chambre depuis son arrivée et qui fut atteint depuis janvier de crampes au cerveau qui l’empêche d’assumer ses fonctions en pensant à la province entière. Son univers se situe entre Fredericton et Saint-Jean et cela devient de plus en plus évident. Absent qu’il fut de toute la région de la Péninsule acadienne pendant la crise de verglas, Blaine Higgs ne serait pas venu au nord de la Miramichi depuis janvier. Ces affirmations, je les tiens d’un organisateur conservateur qui est sur le point de quitter le navire.

Quand les bonzes du parti ne peuvent trouver mieux que l’affaire Atcon qui s’est produite il y a sept ans pour attaquer le gouvernement actuel, ceci explique sans équivoque l’acharnement qu’ils mettent  à attaquer le gouvernement sur le dossier de l’évaluation. Le Parti conservateur traverserait, nous dit-on, la plus grave crise interne de son histoire moderne. Blaine Higgs vient de nommer Dominic Cardy responsable du bureau de l’opposition. Il vient de mettre à la porte Jean-Paul Soucy qui était directeur du parti depuis plusieurs années et on apprenait récemment que deux officiers du parti ont démissionné de leur fonction pour protester contre la nomination de Jennifer Leduc – l’épouse du candidat défait Mike Allen – à un comité pour trouver les causes de la mauvaise organisation du congrès de la chefferie l’automne dernier. La rumeur veut que les réunions du caucus conservateur soient pathétiques et les quelques députés qui appuient Blainn Higgs doivent constamment surveiller les autres membres du caucus qui peuvent difficilement le blairer!

Pour revenir  au problème de l’évaluation foncière, on reproche au premier ministre d’avoir mis de la pression sur les fonctionnaires pour accélérer la réforme de l’évaluation. C’est exactement le travail du premier ministre que de mettre de la pression sur la machine du gouvernement. Et si les fonctionnaires ne pouvaient accomplir ce que leur demandait le bureau du premier ministre, il n’avait qu’à le dire, au lieu de commettre une fraude comme ils l’ont fait. Brian Gallant n’avait aucun moyen de savoir quelle idiotie planifiaient les responsables. Que l’on trouve les coupables et laissons au juge impartial et indépendant la tâche de nous faire connaître toute la vérité sur ce dossier.

Quant à Blaine Higgs, qu’il cesse de demander à tout le monde et son chien de démissionner et qu’il tente de reprendre le contrôle sur son caucus. L’impatience s’accumule depuis quelque mois chez les conservateurs. Et imaginez-vous, même mon bon ami Paul Robichaud se surprend lui-même à vouloir être autre chose qu’un conservateur…

 

JEANNOT VOLPÉ

Le dossier des évaluations foncières est comme éplucher un oignon, plus on enlève de pelure, plus l’odeur est forte. D’abord, le premier ministre Gallant disait ne pas être au courant du dossier. Par la suite, il disait avoir été mis au courant, mais ne pas avoir été impliqué, alors que des rénovations ont été inventées et fabriquées afin de faire augmenter les factures de taxes foncières de plus de 50% dans certains cas.

Maintenant, des documents obtenus par la CBC indiquent que le premier ministre était au courant et aurait même été impliqué en participant à des présentations «PowerPoint». Le bureau du premier ministre Gallant aurait par la suite demandé à Service NB d’accélérer le processus au lieu de prendre l’option plus prudente. Franchement, après avoir vu opérer le gouvernement de Shawn Graham pendant quelques années, je ne croyais jamais revoir un premier ministre avec aussi peu de respect pour la vérité. Je réalise maintenant que c’est possible.

Comment M. Gallant peut-il avoir l’audace et la prétention de dire qu’il n’était pas au courant et de ne pas avoir été impliqué dans ce dossier? Quelle confiance peut avoir la population du N.-B. envers un premier ministre qui a aussi peu de respect pour la vérité? Comment peut-on croire que le juge nommé pour faire la lumière dans cette affaire recevra l’information pertinente? Les déchiqueteuses doivent avoir roulé à plein régime pendant plusieurs jours et le juge n’a pas encore reçu les lignes directrices qui guideront son enquête.

Tout comme dans le cas des glaciers à la dérive, seulement 10% de sa masse est visible en surface. Le volume véritable de toutes les magouilles, de la politicaillerie et des décisions douteuses occupera la vérificatrice générale de la province pour plusieurs années. Il est facile de comprendre le manque de respect et d’intérêt de la population envers la politique alors que de telles actions sont mises en évidence. Lorsque la population dit que tous les politiciens sont pareils, c’est un gain pour les sans scrupule de faire la moyenne. Il y a actuellement de très bons politiciens et politiciennes dont la réputation et l’intégrité sont détruites par les actions d’une minorité sans principes, sans intégrité ou sans valeurs.

Seule une équipe de la GRC, avec les compétences requises pour enquêter sur les cas de fraude, pourra ramener la confiance du public dans cette affaire où de l’information a été forgée et inventée afin de soutirer davantage d’argent des contribuables. Le premier ministre a perdu toute crédibilité. Les membres de son cabinet, de son caucus de députés ainsi que l’organisation du parti libéral en ressentiront les effets.

Est-ce que le sous-ministre Gordon Gilman entraînera maintenant M. Gallant dans un autre scandale semblable avec la privatisation de soins de santé pour la régie Vitalité? La régie s’est d’ailleurs prononcée contre cette privatisation en démontrant qu’il n’y avait aucun gain. À quelle autre magouille pouvons-nous nous attendre?