Tourner autour du pot

Il faut qu’on se parle de pot au volant.

Le gouvernement Trudeau a dévoilé la semaine dernière son projet de loi sur la légalisation du cannabis.

Il a aussi annoncé qu’il modifiera le Code criminel pour enrayer plus efficacement la conduite avec les facultés affaiblies.

En gros, une toute petite quantité de THC (le principal ingrédient actif du cannabis) sera permise dans le sang des conducteurs. Au-delà de ce seuil, ils seront dans la chnoute s’ils sont pincés par la police.

Si je me fie à ce que j’observe depuis de nombreuses années, bien des gens de mon entourage devront changer leurs habitudes. Je soupçonne que ce sera aussi le cas un peu partout au pays.

Je vois très souvent des gens agir de façon paradoxale.

Lorsqu’ils prévoient rentrer à la maison en voiture, ils boivent une seule bière pour éviter de «péter la balloune»…mais se retournent et fument du cannabis sous prétexte qu’il s’agit d’une substance inoffensive.

Ils sont en quelque sorte le produit de leur époque.

On peut l’oublier, mais il y a quelques années à peine, cette drogue était diabolisée. Les «poteux», comme on les appelait à Moncton, se cachaient pour fumer.

Mais les choses ont changé. Ottawa, à l’instar de la population, a apprivoisé cette drogue petit à petit. La répression policière s’est estompée et on a eu des discussions plus franches sur toutes sortes d’enjeux liés à cette drogue.

Aujourd’hui, la consommation de cannabis est à peu près banale.

Mais à travers tout ça, dans nos cercles sociaux et dans nos soirées, on n’a pas vraiment pris le temps de réfléchir aux effets de cette substance sur les conducteurs. Le pot au volant est loin d’être aussi mal vu que l’alcool au volant.

Le 1er juillet 2018 arrive à grands pas. D’ici là, les consommateurs de cannabis vont devoir réfléchir sérieusement à leurs habitudes. S’ils n’arrêtent pas de tourner autour du pot, ils s’enlignent vers un sacré bad trip.