Le sort de Brian Gallant

Dans la lettre de mandat qu’il adressait au ministre Ed Doherty en octobre 2014, le premier ministre Brian Gallant insistait sur l’importance de rétablir une relation de confiance et de respect à l’endroit la fonction publique.

«Je m’attends à ce que vous soyez conscient du professionnalisme et de l’engagement indéfectible de nos fonctionnaires. Nous nous engageons fermement à déployer des efforts particuliers afin de rebâtir la confiance et le respect entre la branche politique du gouvernement et les fonctionnaires professionnels.»

Que voilà de belles paroles du nouveau premier ministre Brian Gallant. Toutefois depuis la prise du pouvoir des libéraux en septembre 2014, on ne peut pas dire que le gouvernement Gallant a fait preuve de confiance et de respect à l’endroit des fonctionnaires provinciaux et pas davantage pour les agents de l’Assemblée législative comme la Commissaire aux langues officielles.

Dans le scandale du trucage des évaluations foncières, le réflexe du premier ministre Gallant a été de faire porter la responsabilité de ce fiasco à des fonctionnaires de Service Nouveau-Brunswick. Comme les fonctionnaires ne peuvent pas s’exprimer et encore moins se défendre sur la place publique, c’est la présidente du syndicat de la fonction publique qui est venu à leur défense. Selon celle-ci, la responsabilité de la manipulation des évaluations foncières relève du palier politique.

Les reportages de la CBC au sujet du scandale des évaluations foncières ont révélé que le directeur de cabinet du premier ministre Gallant a eu des contacts et des échanges de courriels avec des fonctionnaires de Service NB. Le premier ministre Gallant serait personnellement intervenu dans ce dossier pour demander que les changements à l’évaluation foncière soient accélérés. Il faudra attendre les conclusions du commissaire chargé de l’enquête du trucage des évaluations foncières pour peut-être connaître les dessous de cette affaire.

Une chose est sûre, si la responsabilité ministérielle s’appliquait à Brian Gallant celui-ci devrait présenter sa démission si les faits qu’on lui reproche s’avéraient exacts. Toutefois, avant une élection générale, le caucus d’un parti peut toujours montrer la porte de sortie à un premier ministre.