Essence: des conseils pour épargner

TORONTO – Avec les prix de l’essence à la pompe près de niveaux records, certains Canadiens réévaluent la pertinence de posséder une voiture à la lumière de l’explosion des coûts.

Mais pour ceux qui ne peuvent tout simplement pas sacrifier leur véhicule, quelques ajustements pourraient permettre d’épargner des centaines de dollars.

Julian Jean-Pierre, un propriétaire immobilier de 36 ans qui déménage beaucoup de meubles à Toronto et ses environs pour ses logements, a affirmé que les prix à la pompe lui faisaient souhaiter pouvoir marcher ou utiliser le transport en commun plus souvent, mais que cela n’était tout simplement pas réaliste dans sa situation.

«J’ai moins d’argent à consacrer à ma famille et à d’autres trucs. Il semble que chaque jour, je paie de plus en plus», a-t-il argué.

Les consommateurs au pays ont vu récemment les prix de l’essence grimper et les analystes affirment qu’une stabilisation n’est pas près de survenir. Les prix devraient grimper jusqu’à 1,50 $ le litre avant l’été.

Dans cette optique, les Canadiens fortement endettés ou au budget serré se demandent comment ils affronteront non seulement le bond des prix à la pompe, mais aussi ses impacts sur les prix des aliments, du taxi, des vols – entre autres mouvements auxquels devront faire face les consommateurs.

Jim Davidson, un spécialiste dans la façon d’économiser l’essence et auteur du livre 75 Ways to Save on Gas (75 façons d’économiser de l’essence) propose plusieurs conseils pour éviter de se ruiner en frais de déplacement.

Il suggère d’abord de réduire autant que possible les trajets en automobile en remplaçant celle-ci par le vélo, les transports en commun ou le covoiturage. Il faudrait aussi repenser les moments de la journée où on se déplace. Aller acheter un litre de lait en pleine heure de pointe n’est pas la meilleure idée.

Ralentir s’avère également une bonne façon d’économiser du carburant. La vitesse idéale est de 93 km/heure. Chaque tranche de dix kilomètres excédant cette limite équivaut à brûler 10 % de plus de pétrole.

Deux autres dévoreurs d’énergie sont le climatiseur et le dégivreur, à utiliser seulement si c’est vraiment nécessaire. Ils peuvent faire augmenter la consommation de 20 %.

Un bon entretien de la mécanique est également essentiel. Un véhicule en mauvais état peur faire grimper la facture du plein d’essence de 10 à 35 %.

La pression d’air dans les pneus influence la consommation. Un pneu trop mou entraîne une dépense d’énergie de 5 %. «La dernière fois où j’ai roulé en vélo avec des pneus dégonflés, j’ai pédalé beaucoup plus fort. Ça s’applique aussi au moteur d’une voiture» précise Jim Davidson. Il ne faut pas non plus trop gonfler les pneus, ce pourrait être dangereux.

Au lieu d’attendre en ligne, assis dans sa voiture, pour acheter son café, il serait mieux d’en profiter pour prendre une marche.

De son côté, le cofondateur du site Internet GasBuddy.com, Jason Toews suggère d’effectuer un survol des prix à la pompe. Les tarifs peuvent varier de dix cents le litre dans une même ville. Le site GasBuddy.com et d’autres du même genre fournissent régulièrement des données à ce sujet.

«Juste de savoir où aller faire le plein au meilleur prix représente déjà une économie énorme» précise Jason Toews. Selon lui, le simple fait de choisir la bonne station d’essence peut faire épargner jusqu’à 20 $ à chaque fois.

Il suggère aussi de prendre des vacances aux États-Unis où le prix de l’essence est d’environ 33 % moins élevé qu’au Canada.

Voyager en avion plutôt qu’en automobile n’est pas un meilleur choix parce que les tarifs aériens sont aussi affectés par le prix du carburant. Il faut comparer les coûts entre la voiture et l’avion. Ce dernier peut être plus avantageux si on peut profiter de billets à prix réduits. Et tentez de réserver vos billets avant que n’entre en vigueur la prochaine surtaxe sur le carburant.

Le fait de conduire un véhicule moins énergivore est évidemment une solution efficace à moyen ou long terme. Plusieurs Canadiens échangent leurs véhicules trop gourmands pour des plus petits, plus économiques.

Même si l’achat d’un nouveau véhicule peut sembler extravagant, il ne faut pas oublier qu’un camion d’une dizaine d’années peut s’avérer plus coûteux qu’un neuf. À titre d’exemple, un voyage aller-retour entre Vancouver et Toronto (environ 8800 kilomètres) à bord d’un camion de marque Chevy Silverado coûtera environ 1044 $. Le même voyage effectué dans une Toyota Prius ne coûtera pas plus que 438 $.