Pétrole: le marché joue en défaveur du Canada

OTTAWA – La Banque du Canada a prévenu mercredi que les Canadiens sont pénalisés par la flambée des cours du pétrole, un phénomène qui a notamment un impact sur les coûts encourus par les entreprises, les dépenses des consommateurs et l’inflation.

Le Rapport sur la politique monétaire publié mercredi explique que le Canada, depuis janvier, importe à fort prix du pétrole Brent produit en mer du Nord et exporte le pétrole plus abordable produit en Alberta, ce qui a un impact négatif sur ses échanges commerciaux.

«Le renchérissement des importations canadiennes de pétrole gonfle les coûts de production des entreprises du pays et exerce des pressions à la hausse sur les prix de l’essence, dont la moitié environ est produite à partir de pétrole raffiné indexé sur le cours du Brent», écrit la banque centrale dans son rapport.

À elle seule, poursuit la Banque du Canada, la dégradation des termes de l’échange pour le pétrole abaisse le revenu réel disponible pour l’achat de biens et de services étrangers et, par conséquent, le revenu intérieur brut réel du pays. Le fléchissement du revenu réel peut, à son tour, freiner les dépenses en biens et services produits au pays.

Le Canada tire normalement profit d’une hausse des cours du pétrole, puisqu’il en exporte habituellement plus qu’il n’en importe. Le gain de revenu réel qui en découle vient plus que compenser les coûts additionnels qu’absorbent entreprises et consommateurs au moment de faire le plein.

«Voilà qui explique pourquoi l’évolution des prix de l’or noir depuis janvier s’est révélée défavorable pour le Canada», écrit la banque centrale.

L’écart entre les cours du pétrole Brent importé par le Canada et celui du West Texas Intermediate (WTI) payé aux producteurs canadiens se creuse depuis environ un an et se chiffre actuellement à environ 20 $ US le baril.

La banque a expliqué que la valeur du brut canadien est minée par des facteurs liés à l’offre, notamment des pannes de raffineries et une capacité insuffisante de transport par oléoducs.

La Banque du Canada précise que la situation ne sera résolue que par la construction de nouveaux pipelines entre le Canada et les États-Unis, se rangeant ainsi indirectement derrière le projet Keystone XL qui doit relier l’Alberta au Texas.

«Avec l’accroissement du taux d’utilisation des capacités dans les raffineries qui ont subi des pannes temporaires et l’inversion prévue du sens de l’écoulement du pétrole dans l’oléoduc Seaway, les cours des bruts canadiens et du brut WTI devraient se rapprocher dans les mois à venir, contribuant ainsi à améliorer les termes de l’échange du Canada», conclut la banque centrale.