Membre du groupe Acadie Média|Jeudi 24 avril 2014
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Clair perd son unique magasin d’alimentation 

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CLAIR – Véritable coup de théâtre dans le village de Clair, mardi, alors que la communauté a appris que son unique magasin d’alimentation, le Bonichoix Mitch Meat Market, fermait ses portes le jour même.

Les propriétaires ont préféré ne pas commenter cette fermeture attribuable à une question de rentabilité financière, une situation difficile pour eux, ont-ils expliqué.

Ce n’est pas de gaieté de coeur que la décision a été prise. La famille Michaud brassent des affaires dans ce domaine depuis près de 35 ans par l’entremise de deux générations de propriétaires.

Les employés ont été informés de la situation, lundi. Le comptoir postal local est situé à l’intérieur du commerce. Un nouvel emplacement devra lui être trouvé.

Les derniers mois n’ont pas été faciles pour les propriétaires du commerce. En décembre, ils se sont départis de sa franchise d’Alcool NB. Le prix moins élevé de la bière au Québec a affecté sa rentabilité. De plus, le commerce a été frappé par un incendie qui a entraîné sa fermeture temporaire durant quelques jours, cet hiver.

Les localités voisines de Baker-Brook et Saint-François possèdent leur épicerie respective. La communauté américaine frontalière de Fort-Kent, au Maine, est aussi une option pour les gens de Clair. Âgé de 92 ans, Laurent Caron dit faire des achats au Bonichoix pratiquement chaque jour.

«Ça va faire mal à notre communauté. Moi, je préférais venir ici. Au prix où se vend l’essence, va falloir y penser deux fois avant d’embarquer dans la voiture pour aller acheter un pain ailleurs. Nous faisons aussi des achats lorsqu’on a affaire à Edmundston. C’est probablement là qu’on fera notre épicerie dorénavant. J’espère que quelqu’un en relancera un autre», a commenté M. Caron.

En plus d’être un magasin d’alimentation, Lise Desjardins soutient que le commerce servait aussi de dépanneur. Elle est d’avis que la population locale n’a peut-être pas assez encouragé l’entreprise locale.

«C’est triste. Personnellement, je vais réussir à me débrouiller parce que j’ai une voiture. Mais plusieurs personnes n’en ont pas et ne peuvent se déplacer. C’était pratique pour des achats rapides. Les consommateurs n’ont pas pensé que ça pourrait faire mal à la longue à une entreprise locale que de faire ses achats ailleurs», a dit Mme Desjardins.

Gene Long se dit aussi un client régulier du commerce. Il venait y récupérer son courrier pour ensuite y faire des achats.

«C’est un autre dur coup pour la communauté. Ça va être difficile de se trouver un pain sans faire un déplacement important. Va falloir descendre à Edmundston pour faire notre épicerie. La valeur de l’argent canadien favorise actuellement les achats aux États-Unis et la limite permet de ramener beaucoup de produits», a indiqué M. Long.

Comprenant la situation des propriétaires, une autre cliente a dit croire qu’ils auraient dû informer la population de la situation et des conséquences pour tenter de faire renverser la vapeur.

«Quand les gens ne font pas face à une réalité, ils ne bougent pas. On dirait que tout découle de la perte de la vente d’alcool. Des clients ont commencé à aller ailleurs et ça semble être un enchaînement. Nous aurions dû être avertis au lieu d’apprendre cela la journée même de la fermeture», a souligné celle qui a préféré conserver l’anonymat.

Gilles Duval
À propos de Gilles Duval

Originaire de Québec, Gilles Duval travaille pour l’Acadie Nouvelle depuis le lancement de la version provinciale du quotidien en septembre 1989. Diplômé de l’université Laval, il a fait ses premières armes en journalisme en 1988 pour le défunt hebdomadaire l’Express du Sud-Est, dans la région de Shédiac, Cap-Pelé, Dieppe et...
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