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Les bureaux régionaux de développement économique remis en question 

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SHIPPAGAN – Des intervenants du milieu économique du Nouveau-Brunswick remettent en question la raison d’être de nouveaux bureaux régionaux de développement économique. Ils craignent que ces agences encouragent la politisation de l’entrepreneuriat au Nouveau-Brunswick.

Douze nouveaux bureaux régionaux de développement économique ont ouvert leurs portes le 2 avril. Ils ont été mis sur pied pour remplacer les agences du réseau Entreprise. Il y a près d’un an, l’Agence de promotion du Canada atlantique (APECA) a annoncé qu’elle cesserait de financer ces agences au Nouveau-Brunswick en 2013.

Selon le site Internet du ministère du Développement économique du N.-B., l’un des buts des nouveaux bureaux demeure la décentralisation des services. On veut aussi «faciliter» l’accès aux programmes de financement provinciaux.

Or, Roger Melanson, député libéral de Dieppe-Centre-Lewisville et porte-parole de l’opposition en matière de développement économique, soutient que l’ancien modèle était davantage décentralisé.

«On avait des agences avec des conseils d’administration autonomes du gouvernement incluant le pouvoir de prise de décisions et d’établissement de plans stratégiques pour leurs régions. Aujourd’hui, le système est moins autonome et relié directement au bureau de Paul Robichaud», affirme Roger Melanson.

Le député redoute également le favoritisme politique dans le milieu du développement économique.

«Ça donne la possibilité de politiser parce que le ministre a plus de pouvoir. Si on regarde, au cours des deux dernières années, les décisions du ministre Robichaud ont été très politisées. Il faut sortir la politique de là, examiner les possibilités d’affaires, mettre en place les conditions propices et des programmes qui favorisent l’entrepreneuriat et la prise de risque. Les gens d’affaires veulent faire des affaires et non s’inquiéter de favoritisme politique», ajoute-t-il.

Cet avis est partagé par les économistes, André Leclerc et Maurice Beaudin, rencontrés récemment par l’Acadie Nouvelle à l’occasion de la 25e journée des affaires à l’Université de Moncton, campus de Shippagan.

«On a créé des bureaux du ministère en région et vous comprenez que ça veut dire que les employés relèvent d’un sous-ministre, donc d’un ministre», souligne André Leclerc.

«Ils jouent à la chaise musicale. Chaque gouvernement change le nom des agences, redessine la carte et les responsabilités. Finalement, il a moins d’argent dans le pot. C’est du bluff, à mon point de vue», ajoute Maurice Beaudin.

Anne Hébert, directrice générale du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CENB), souligne que les membres de l’organisme ont également avancé certaines préoccupations concernant le nouveau modèle mis en place par le gouvernement Alward.

«On a fait un sondage auprès de nos membres au début de l’année et environ 46 % d’entre eux disaient avoir peu de confiance dans le nouveau système. Beaucoup de gens commentaient le fait qu’ils ne savaient plus nécessairement où chercher de l’aide ni quelle sorte d’aide serait disponible», indique Anne Hébert.

Le CENB se questionne également à savoir si les nouveaux bureaux régionaux de développement économique seront impliqués de la même façon que les anciennes agences.

«Des groupes comme le CENB, le RDEE (Réseau de développement économique et d’employabilité) et les municipalités faisaient souvent appel aux agences de développement économique pour participer à différentes initiatives dans les régions, comme de la formation, des conférences ou des projets, tel Je reviens! J’y reste! qui a pour but de ramener les jeunes de l’extérieur. C’est possible qu’il ait un manque à ce niveau», dit-elle.

David Caron
À propos de David Caron

Détenteur d’un diplôme en journalisme de la Cité collégiale d’Ottawa, David Caron est journaliste au Nouveau-Brunswick depuis 2010 et travaille pour l’Acadie Nouvelle depuis 2012. Originaire de l’Ontario, il a commencé sa carrière avec un hebdomadaire francophone dans la Péninsule acadienne et à Dieppe. Avant de venir au Nouveau-Brunswick, il...
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