Un nouveau programme d’immigration basé sur les besoins des employeurs

Le Programme pilote pour l’immigration en Atlantique est conçu pour combler le manque de main-d’oeuvre auquel sont confrontés plusieurs secteurs et régions du Nouveau-Brunswick.

En vertu d’une entente signée cet été, le gouvernement fédéral acceptera l’entrée de 2000 travailleurs supplémentaires et leurs familles au Canada atlantique en 2017. Pour le Nouveau-Brunswick, cela représente 640 immigrants de plus par année, sans compter les proches qui les accompagneront.

Actuellement, les travailleurs sont évalués par des points en fonction de leur éducation, de leurs compétences professionnelles et linguistiques ou leurs ressources avant d’entrer dans le pays. Ils peuvent obtenir un statut de résident canadien sans offre d’emploi.

Dans le cadre du programme pilote de trois ans, ce sera aux entreprises d’identifier les postes vacants qu’elles sont incapables de remplir et d’informer la province de leurs besoins. Les immigrants sélectionnés seront ceux qui viendront directement combler un manque de l’industrie. Ainsi, ils arriveront dans le pays avec un emploi en poche.

«On doit changer notre approche, insiste Donald Arsenault, ministre responsable de l’immigration. Il faut un travail d’équipe pour faire rester les immigrants. Les employeurs doivent jouer un rôle clef, un rôle plus actif.»

Le ministre compte sur l’immigration pour combler le manque de main-d’oeuvre qui frappe les secteurs du camionnage, des centres d’appels, des soins personnels ou de la transformation des fruits de mer.

«Que ce soit dans comté de Charlotte, le Haut-Madawaska, dans le comté Kent, des grands employeurs nous appellent, ils veulent qu’on travaille avec eux pour trouver de la main-d’oeuvre. L’immigration n’est pas la seule solution mais c’est une part importante pour le futur de notre province.»

Les centres d’aide à l’établissement seront également impliqués dans le projet pilote pour aider ces travailleurs à maîtriser la langue, à s’adapter à leur nouvel environnement ou trouver du travail pour le conjoint.

«Le programme est aussi centré sur l’intégration dans la communauté, explique Alex LeBlanc, directeur général du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick. Les entreprises devront aider les nouveaux arrivants à trouver un logement, en particulier dans les zones rurales. Elles devront s’associer aux organismes communautaires pour s’assurer que les familles s’intègrent bien et restent dans la région.»

Par ailleurs, les étudiants internationaux pourront accéder plus facilement à un statut permanent au Canada. Ces derniers doivent acquérir un an d’expérience sur le marché du travail avant de présenter leur demande de résidence permanente. Dans le cadre du programme, les étudiants étrangers qui disposent d’une offre d’emploi à temps plein pourront directement soumettre leur candidature à Citoyenneté et Immigration Canada.

«Près de 60% des étudiants internationaux veulent travailler là où ils ont étudié. Ils ont une formation reconnue, parlent la langue, connaissent la région et la culture, ils sont jeunes. C’est ce dont la province a besoin pour croître et prospérer», souligne Alex Leblanc.

En 2016, la province a accueilli 4435 immigrants en 2016, dont 1500 réfugiés syriens. «Ce projet pilote arrive au bon moment, estime M. LeBlanc. Les communautés à travers la province ont développé des partenariats pour accueillir les familles syriennes. On a créé les conditions pour mieux travailler ensemble.»

Le programme maintient l’objectif d’atteindre un tiers d’immigrants francophones.

La province est encore loin de la cible puisque seulement 17% des nouveaux résidents permanents parlaient le français au Nouveau-Brunswick en 2015.